La bibliothèque des rêves secrets
de Michiko Aoyama

critiqué par Jfp, le 24 septembre 2022
(La Selle en Hermoy (Loiret) - 76 ans)


La note:  étoiles
lire et rêver
Qui n’a jamais rêvé d’une bibliothèque où on ne se contente pas de vous permettre d’emprunter des livres, voire de vous conseiller dans vos lectures, mais où la bibliothécaire ajoute un livre correspondant à vos rêves les plus secrets, assorti d’un petit cadeau fait maison ? Avouez que ça fait envie ! Car une bibliothèque publique, c’est parfois un peu tristounet, et les bibliothécaires plus à l’aise avec Excel qu’avec des visiteurs en quête de lectures nouvelles, un peu déboussolés par toutes ces étagères. Fort heureusement, il y a de nombreuses exceptions, et la bibliothèque dont il est question dans ce merveilleux petit roman en fait partie. Sa bibliothécaire en chef a des pouvoirs hors du commun, qui vont révolutionner la vie de quelques personnages un peu paumés, mal à l’aise dans leur travail, leur quotidien, leurs amours. Par hasard ou sur le conseil d’un(e) ami(e), entrer dans ce lieu magique va leur ouvrir des perspectives nouvelles, les rendre, sinon heureux, du moins capables de mieux se connaître et révéler leurs capacités les plus cachées. Bibliothécaire ou thérapeute ? Sayuri Komachi, cette ancienne infirmière au physique impressionnant, sait en tout cas utiliser le livre pour faire le bien autour d’elle, et c’est passionnant. Un premier roman d’un extrême raffinement, qui fait du bien comme on s’en doute, et dont on regrette d’avoir déjà terminé la lecture. Michiko Aoyama, une auteure à suivre, absolument…
Un doux conte philosophique 8 étoiles

Cela peut apparaître comme une série de nouvelles présentant un point commun : la visite à une bibliothèque de quartier.
Au fil de la lecture, on reconnaît par ci, par là, des indices communs puis on se rencontre que ces profils de vie, a priori différents, ont tous quelque chose en commun.
Après avoir évolué doucement de la nouvelle vers le roman s'effectue un passage vers un récit à mi chemin en l'initiatique et le philosophique.
L'écriture fluide permet une lecture aisée, laissant le lecteur se concentrer sur le fond plutôt que sur la forme. Sans réellement s'attacher aux personnages, on ne peut rester indifférents à leur égard, ce qui est somme toute secondaire, mais ,inévitablement, s'établit un parallèle ou une connexion avec notre propre vie.

Ceci est assez rare dans la littérature japonaise pour le mentionner, on perçoit une forme d'optimisme dans cet ouvrage, une confiance dans l'être humain, un intérêt pour le développement de la personnalité.

Un livre que j'ai lu paisiblement, sans passion mais sans ennui. Je l'ai finalement surtout apprécié après qu'il ait eu le temps d'infuser en moi pour en tirer cette philosophie de la vie que cette bibliothécaire cherche à faire connaître à ceux qui s'adressent à elle.

Roman intéressant, dont on sort plus riche, une fois la dernière page tournée.

Mimi62 - Plaisance-du-Touch (31) - 71 ans - 30 octobre 2023