Les suicidés de Demmin: 1945, un cas de violence de guerre
de Emmanuel Droit

critiqué par Catinus, le 22 mai 2022
(Liège - 71 ans)


La note:  étoiles
Suicides collectifs
Fin avril 1945, les troupes russes, entrées en Allemagne, approchent de la petite ville de Demmin située à 200 km au nord de Berlin. Les Nazis ont fait sauter les trois ponts qui y donnent accès. Les habitants, abandonnés par l’armée allemande, sont terrorisés à l’idée d’être confrontés à la «bestialité soviétique ». La ville est incendiée, les premiers viols de femmes sont commis. Une vague de suicide va s’emparer des habitants.
A signaler également un chapitre consacré au massacre de Nemmersdorf, une autre localité allemande.

Extraits :

- L’idée de suicide n’est pas née directement lors du moment de bascule dans la violence pure. Elle flottait dans l’air depuis plusieurs mois, elle circulait de bouche à oreille. Elle faisait en quelque sorte partie de l’horizon de l’attente de nombreux Allemands mais c’était encore une option lointaine et floue. Seule l’émergence de cet espace de violence dans la nuit du 30 avril au 1er mai 1945 donna une actualité immédiate au suicide.

- La population de Demmin, les habitants comme les milliers de réfugiés, fut prise d’un mouvement de panique ; les individus quittèrent la ville en feu et allèrent se noyer dans les trois cours d’eau ; d’autres se réfugièrent dans le cimetière et se suicidèrent en s’ouvrant les veines ; d’autres restèrent chez eux et se donnèrent la mort en se pendant ou en s’empoisonnant (…) Le bilan de ces quelques jours s’élève à neuf cents morts.