Une maison sur l'eau
de Emuna Elon

critiqué par Saint Jean-Baptiste, le 6 mai 2022
(Ottignies - 86 ans)


La note:  étoiles
Amsterdam hier et aujourd'hui
Yoel est un célèbre écrivain israélien qui est venu à Amsterdam pour présenter son dernier roman traduit en néerlandais. Il s’y ennuie comme un rat mort mais décide d’y rester le temps qu’il faudra pour retrouver l’histoire de sa famille qui vivait là sous l’Occupation.

Yoel visite les musées d’Amsterdam à longueur de journée ; il va tous les jours au musée juif pour regarder en boucle les films tournés pendant la guerre où il croit reconnaître des membres de sa famille. Et puis il visite encore le musée Van Gogh, le musée Rembrandt, le Rijk muséum, le musée Anne Franck… Visiblement l’auteur(e) tient à ce que nous sachions qu’il y a beaucoup de musée à Amsterdam et ça nous vaut à chaque fois une visite guidée avec description des tableaux qui malheureusement ne sont pas reproduits dans le livre.

Yoel cherche l’inspiration pour son futur roman dans la contemplation de ces tableaux et il finit par trouver le sujet de son prochain ouvrage au musée d’art Moderne en tombant en pâmoison devant « Carré noir sur fond blanc » de Malevitch… On se réjouit déjà !

En définitive, l’histoire de Yoel à Amsterdam est triste comme un jour sans fin, il s’ennuie à mourir et le lecteur s’ennuie avec lui. L’auteur(e), Emuna Elon, nous fait visiter la ville à longueur de pages. Comme il ne se passe rien, on a droit à cheminer le long de tous les canaux, à passer tous les ponts, à errer tristement dans toutes les rues et à regarder tristement les vélos qui passent… On a même droit à une visite, mais très brève, au port d’Amsterdam où, à en croire Jacques Brel, les marins font des choses pas très recommandables.

Pour que le lecteur s’emmêle un peu les pinceaux, ou peut-être dans l’espoir de tromper son ennui, l’auteur(e) raconte en même temps l’histoire de Yoel à Amsterdam et l’histoire de sa famille pendant la guerre dans cette même ville. Le résultat est consternant, même si, à en croire la page 4 couverture, « c’est une histoire d’amour, de perte et de désir... Un récit passionné et passionnant… ». Et l’écrivain Amos Oz vient à la rescousse pour nous dire qu’il a été « ému et fasciné… » Et bien, moi, pas du tout ! Le dénouement de l’intrigue ne m’a pas ému une seconde tellement c’est tarabiscoté et, si une chose m’a fasciné, c’est la profondeur abyssale de l’ennui dans lequel ce livre m’a plongé.