Le rossignol se tait à l'aube
de Elsa Triolet

critiqué par CHALOT, le 2 avril 2022
(Vaux le Pénil - 76 ans)


La note:  étoiles
roman philosophique
« Le rossignol se tait à l'aube »
roman d'Elsa Triolet
éditions Gallimard
1970 première édition
celle-ci 2009

Roman philosophique

Ils vont passer une soirée, une nuit peut-être, ensemble.
Ils sont une dizaine d'hommes et une femme à se retrouver dans une grande salle non éclairée près d'un parc.
Ces personnes-là ont un vécu, un passé, ils sont au soir de leur vie, les rescapés d'une génération d'artistes de renom, pour certains.
« Ils étaient ici des anciens combattants du front de l'art et, qu'ils aient continué ou passé à d'autres occupations, quand ils se revoyaient, leurs souvenirs communs faisaient surface. »
Au théâtre, il y a souvent une unité de temps, d'espace et d'action.... pas toujours mais ce n'est pas rare. Ici ce n'est pas le cas, il y a un mélange entre le passé et le présent, la réalité et le rêve.... Tout se mixe avec bonheur et avec nostalgie.
Le rêve occupe une place bien particulière. Il est difficile pour le lecteur de distinguer immédiatement les deux, mais qui s'en plaindra, pas moi !
Les protagonistes se rappellent des souvenirs mais en oublient aussi, volontairement et involontairement.
C'est un roman philosophique que nous offre l'auteure avec un talent fou dans la construction quasi musicale de ses phrases et de l'ensemble.
C'est une poésie en prose.

Jean-François Chalot