S'il n'en reste qu'une
de Patrice Franceschi

critiqué par CHALOT, le 26 janvier 2022
(Vaux le Pénil - 76 ans)


La note:  étoiles
un roman sur la révolution kurde
S'il n'en reste qu'une 

Une journaliste australienne est envoyée en Syrie pour faire une enquête sur la résistance kurde à Kobané et ailleurs . Son patron de presse lui laisse toute liberté pour enquêter.
Dès son arrivée dans l'ancien Kurdistan libre et socialiste, aujourd'hui sous domination turque – c'est de l'anticipation pessimiste ou réaliste- elle découvre un cimetière kurde où les tombes ont été brisées, profanées.
C'est là qu'elle découvre que gisent dans la même tombe deux de ces combattantes kurdes de la liberté, mortes ensemble.
La journaliste décide alors d'enquêter pour savoir qui elles étaient et pourquoi elles ont été enterrées dans la même tombe.
Ce n'est pas facile d'enquêter dans cette région, en Syrie, en Irak et en Turquie où la résistance kurde continue en ayant perdu de nombreuses forces.
N'ont-ils pas été abandonnés ces résistantes et ces résistants par les puissances occidentales !?
Si plusieurs livres évoquent le combat de ces hommes et de ces femmes, ils se présentent comme des ouvrages, reportages.
Celui-ci est un vrai roman, parfois palpitant, où l'on découvre la force et la volonté de ce peuple qui a su battre les islamistes .
Comme le dit l'une des femmes rencontrées et interrogées par la journaliste : c'est un pays où on ne meurt pas du cancer !
Des dizaines de milliers de jeunes femmes, notamment, ont donné leur vie contre l'islamisme radical, pour la défense de valeurs humanistes, féministes et socialistes.
La question idéologique n'est pas au centre des préoccupations de notre journaliste mais peu à peu elle va découvrir des personnes qui sont devenues des héros , au-début malgré eux et peu à peu parce que c'est indispensable : mourir debout, c'est mieux que vivre à genoux !
Ce livre passionnant lie avec bonheur l'histoire héroïque de ce peuple, un suspense : comment ces deux femmes sont-elles mortes ? Le titre du livre d'ailleurs donne une petite indication, mais chut vous aurez la réponse à la fin de ce roman.
Les révolutionnaires kurdes nous donnent aussi une leçon quand ils affirment que si en Occident les libertés disparaissent peu à peu, « c'est seulement parce qu'il y en vous une érosion de la volonté de vivre libre. »

Jean-François Chalot