Les insurgés stellaires
de Julien Miavril

critiqué par El Gabal, le 18 janvier 2022
(Strasbourg - 33 ans)


La note:  étoiles
Un roman initiatique
Julien Miavril, poète, romancier, philosophe et ancien professeur de lettres est de mes amis. Aussi, je n'ai pu résister à l'idée d'écrire une note de lecture pour son dernier opus « Les insurgés stellaires »
A la lecture de ce magnifique et courageux ouvrage, je résolus de m'attacher plus au contenu qu'au style toujours aussi remarquable, aéré, complété par des évocations poétiques qui suscitent sans cesse l'éveil, la curiosité, lesquelles agrémentent parfaitement la narration.
Car le pari et l'entreprise auxquels Julien se livre sont audacieux
Il est en effet courageux, voire téméraire diront certains de s'aventurer, avec pourtant autant d'aisance, dans les chemins escarpés de la philosophie des profondeurs en explorant le mythe originel, le muthos, et les mythes consubstantiels, et l'ésotérisme, et la métaphysique, et l'eschatologie, et enfin la langue des symboles, sans que cela prenne des airs de gloubi-boulga.. Bel exploit !
En douze chapitres comme douze stations, Julien Miavril et dès le premier chapitre traitant des origines, donc du mythe fondateur, d'une parole perdue, nous permet de faire la connaissance de son héros qui ne s'appelle pas Adam par hasard ou bonne fortune
Il est l'Adam Harishon, l'Adam-être humain chargé de la réparation quoique ignorant tout de cette tâche immense et universelle qui lui incombe.
Sa rencontre avec Leylâ sera décisive. Leylà de ce point de vue symbolique n'est autre que la Laylah d'origine sumérienne dont Lilith , divinité de la Nuit est l'archétype.
On se rappellera de ce point de vue que Lilith est considérée comme la première épouse d'Adam, lequel vient de voir le jour dans le souffle du « rouah » divin.
On ne trouvera cependant qu'une seule occurrence de Lilith dans la Torah.
Dans le chapitre deuxième, deuxième rencontre. Celle de « l'Ancien » qui dans son discours n'a pu me faire autrement penser qu'à Sarastro et de ce fait il se pourrait que Leylâ soit bien la Reine de la nuit.
Vient ensuite le rêve initiatique, Adam est sur le chemin de la quête spirituelle. Autrement dit la recherche intérieure qu'on pourrait traduire par « Qui suis-je, d'où viens-je, où vais-je » Et pourquoi ? Cette recherche va l'obliger à descendre dans les profondeurs de son en-soi, le Nadir et je n'hésite pas à compléter la célèbre formule « Connais-toi toi-même » par « à condition de t'oublier toi-même ».
Et Julien Miavril de surmonter tous ces obstacles avec une belle aisance dans un style souvent incantatoire et enflammé.
Je m'en voudrais d'en dire davantage et de révéler tous les ressorts de cette quête initiatique, pour laisser au lecteur potentiel le plaisir d'en savoir plus avec la lecture de cette écriture haletante qui conduira ce lecteur jusqu'à la périlleuse approche kabbalistique avec l'Adam Kadmon, être de lumière dont les yeux jettent en tout l'univers les mille feux de ses étincelles.
Cher lecteur, je te souhaite une bonne lecture passionnante de ce roman d'un peu plus de cent pages écrit dans l'encre d'un feu qui rejaillit sans cesse.

Cristian Ronsmans