Un agent nommé Parviz
de Naïri Nahapétian

critiqué par Tistou, le 1 décembre 2021
( - 65 ans)


La note:  étoiles
John Le Carré au pays des Mollahs ?
« Naïri Nahapetian, une auteure à revoir. » concluai-je de ma critique de Dernier refrain à Ispahan, première lecture de ma part de cette auteure franco-iranienne d’origine arménienne. Hé bien c’est le cas avec ce Un agent nommé Parviz qui fleure bon le roman d’espionnage sauce John Le Carré, et, je trouve, plus convaincant que Dernier refrain à Ispahan.
Il y est toujours question d’Iran, bien sûr, l’Iran des années 2000 en quête de l’arme atomique.
Nasser Heydari, officiellement ingénieur dans le domaine automobile, voyage en France avec Kiana, sa femme, lorsqu’il entre en contact avec la DGSE pour demander asile en France en échange d’infos sur le développement de la recherche nucléaire en Iran, son réel domaine d’expertise.
Kiana est « traitée » à part par un agent … nommé Parviz, d’origine iranienne, qui aurait travaillé pour la CIA, pour les Français, qui serait mort pendu en Iran il y a 30 ans, … bref un agent secret des plus secrets, lorsqu’elle apprend via une confession filmée que son mari n’est pas celui qu’elle croyait :

»… Parviz se tourna vers l’écran, où un homme prenait place sur la chaise. Kiana, le cœur battant, reconnut son mari. Il paraissait calme, n’était ni entravé dans ses mouvements, ni blessé. Nasser commença à s’adresser à elle en français. Troublée qu’il lui parle dans cette langue, Kiana ne saisit pas d’abord la teneur de ses paroles. Mais les mots qu’il prononça par la suite étaient parfaitement clairs. Ils l’emplirent de stupeur et de colère.
« Ma chère femme, tu as toutes les raisons de m’en vouloir de ne pas t’en avoir parlé, mais j’ai décidé de ne pas rentrer en Iran. »


Problème, il commence à peine à être débriefé qu’on le retrouve mort, empoisonné. Au même moment les autorités iraniennes, qui ont compris que leur agent chargé de ramener des pièces essentielles pour cette recherche nucléaire est retenu en France et probablement arrêté, font du remue-ménage diplomatique.
Chez les Français, le plan consistait à renvoyer Nasser en Iran comme si de rien n’était avec le matériel escompté mais surtout un logiciel malveillant qui, introduit dans les commandes des centrifugeuses, permettrait de les neutraliser pour longtemps. Il est décidé de cacher la mort de Nasser et de laisser Kiana ramener la valise avec les pièces … et le logiciel.
Le lecteur va suivre tout ceci via Florence Nakash, agente française de contre-espionnage et ses collègues et supérieurs qui mènent l’opération jusqu’en Iran.
C’est très bien réalisé, avec juste assez d’ellipses pour laisser penser au lecteur qu’il est fûté, c’est cohérent et palpitant. Et un petit coup en passant à nouveau sur les classes dirigeantes (religieuses et militaires) en Iran. Une lecture qui donne l’impression d’en savoir un peu plus quand on a tourné la dernière page. Un peu court peut-être le roman, comme Dernier refrain à Ispahan d’ailleurs.