La petite dernière
de Fatima Daas

critiqué par CHALOT, le 11 novembre 2021
( - 73 ans)


La note:  étoiles
un livre original
Ce livre a une construction originale avec de nombreux chapitres de deux , trois  ou quatre pages commençant par "Je m'appelle Fatima...."

Au début le lecteur s'étonne , puis s'habitue vite et apprécie ces présentations qui se font sous un angle différent.
Fatima Daas qui se raconte et qui parle d'elle, de sa famille, de la religion musulmane qui accompagne sa vie, nous montre la difficulté de se construire une identité et de s'en revendiquer.

Elle montre qu'il est difficile, dans son environnements social et culturel, d'assumer face à sa famille ses choix sexuels. Il n'est pas bien vu et accepté de devenir lesbienne.

Est-ce d'ailleurs spécifique à la religion musulmane ce rejet de ce choix sexuel?

Non !

C'est un livre courageux qui est écrit non pour se moquer, non pour stigmatiser qui que ce soit mais pour traiter avec pudeur une question de société sérieuse.

Son échange avec sa mère sur la question de l'homosexualité - elle n'ose pas tout dire sur elle- est édifiant :
"C'est pas grave ,maman ! Aujourd'hui on peut tout être : violeur, tueur en étant musulman sauf être un homme et en aimer un autre."

Sa parabole n'a pas été comprise car elle n'a pas nommé les "choses" gay et lesbienne...

Ce n'est pas si facile que cela.

Jean-François Chalot