Paternoster
de Adrien Girard

critiqué par CHALOT, le 6 novembre 2021
(Vaux le Pénil - 76 ans)


La note:  étoiles
roman philosophique
« Paternoster »
roman d'Adrien Girard
174 pages
mai 2021,
éditions Au diable Vauvert


Pour son premier roman, l'auteur n'a pas hésité, semble-t-il à choisir un sujet difficile ?
Il a réussi son « pari » : le livre est intéressant et nous interpelle tous dans ce que nous avons d'intime.
Le narrateur , du moins le personnage principal qui raconte cette part de vie, est appelé à la Réunion, cette « île française » pour veiller son père qui est dans le coma.
Les relations entre le père et le fils n'ont pas été faciles, notamment après la période de l'enfance du fils et le fils ne compte pas rester longtemps.
Mais voilà, il y a le Covid, le confinement qui l'oblige à rester ici jusqu'au bout.... En fin de compte, serait-il parti avant dans d'autres circonstances ?
Peu à peu, les souvenirs reviennent, ils sont moins ternes, « d'abord sombres, font maintenant place à de petites parenthèses de bonheur, des trésors enfouis. »
Pensez-y amis lecteurs !
Certains croient avoir été délaissés, abandonnés, oubliés, mis de côté....
D'autres ou même ceux-là regrettent à la mort du père ou de la mère, les silences :
Si j'avais su, nous aurions parlé !
On le prend pour un fils modèle, à veiller son père pendant six mois, on prenait autrefois ce père, un boute en train.... alors qu'il était la plupart du temps loin.
Rien n'est facile et rien n'est définitif.
Les autres que le fils envie connaissaient mieux ce père.
Aujourd'hui, il n'y a plus de dialogue possible mais un monologue utile car il permet de recréer le lien qui permet au vivant de se construire ou de se reconstruire en reconstituant le lien .
Ce roman est un conte philosophique qui ne laisse personne indifférent.

Jean-François Chalot