Dans les yeux du ciel
de Rachid Benzine

critiqué par Pascale Ew., le 12 octobre 2021
( - 54 ans)


La note:  étoiles
Trop dur !
Nour est fille de prostituée et prostituée elle-même. Elle n’a pas eu le choix : à huit ans, elle a dû avorter sa mère et à douze ans, sa mère est morte d’un autre avortement, la laissant la proie des gendarmes qui l’ont violée puis de proxénètes qui lui ont fait subir les pires traitements jusqu’à ce que sa volonté rende les armes. Elle subit toutes les violences possibles. L’histoire débute dans une Egypte (non-citée) en révolution. Hélas, cela ne changera rien à l’hypocrisie ambiante.
Les seuls répits de Nour sont ses moments passés avec sa fille Nejma, pour laquelle elle nourrit tous les espoirs (c’est pour elle qu’elle survit, pour qu’elle puisse avoir une éducation) et son ami homosexuel Slimane qui tapine également et avec qui elle partage quelques instants privilégiés de tendresse et de sincérité.
La révolution suscite chez Slimane des élans d’espoir qui vont le pousser à devenir un porte-parole de plus en plus exposé, porté aux nues par une foule de supporters. Hélas, à l’arrivée des « barbus », on connaît la suite : c'est pire encore qu'avant.
Ce livre est écœurant et n’épargne rien au lecteur… En voulant dénoncer les violences faites aux femmes, Rachid Benzine décrit la noirceur dans tous ses états. Il dépeint un pays pourri où la femme ne peut se défendre, un système corrompu. Je n’ai pas aimé être plongée dans cet enfer et j’ai presque l’impression d’en ressortir salie tellement on peut s’identifier au caractère principal.