Enfant de salaud
de Sorj Chalandon

critiqué par CHALOT, le 6 avril 2022
( - 74 ans)


La note:  étoiles
roman passionnant et émouvant
« Enfant de salaud »
Roman de Sorj Chalandon
330 pages
Novembre 2021
Editions Grasset

« Ton père était un salaud », il était du mauvais côté….
Ce sont les paroles d’un grand-père à son petit-fils.
Voici une assertion qui ne peut que troubler un enfant et plus tard l’adulte qu’il est devenu, surtout quand son père lui explique qu’il a combattu dans la division Charlemagne des Waffen SS.
Le livre commence par une visite du fils, devenu journaliste dans le lieu où étaient hébergés les enfants d’Izieu. Ces 44 enfants juifs qui, étant en pleine nature, vont être déportés puis assassinés par les nazis.
Le roman raconte cette quête de vérité sur le passé de ce père qui n’a rien dit à son fils.
Que cache- t-il ?
A-t-il été ce monstre qu’il reconnaît avoir été ?
Comme le dit le fils complètement déboussolé :
« Mon père avait ses fables, et moi, enfant de salaud, j’entrais dans la vie sans trace, sans legs, sans aucun héritage ; Ne restaient en moi que son silence et mon désarroi ? »
Le narrateur découvre les différentes facettes de son père qui, à 22 ans est passé d’un camp à l’autre pour finir par être jugé puis condamné à quelques mois de prison à la Libération !
Ce livre est passionnant et inoubliable, il nous questionne, nous interpelle et en plus nous plonge dans le procès de Klaus Barbie, en mai 1987.
Le narrateur, journaliste, assiste au procès et met en parallèle deux affaires, celle du monstre nazi Barbie et celle de son père.
C’est un roman qui laisse des traces.

Jean François Chalot
À la recherche de la vérité 7 étoiles

Dans « Profession du père », l’auteur, alors enfant, croyait naïvement en tout ce que son père, lui disait. On a ici un second roman – fiction, en ce sens que les personnages ne sont pas les mêmes – où l’enfant, devenu adulte, cherche à connaître la vérité, à démêler le vrai du faux. Deux époques, deux procès, sont mis en parallèle. Celui du père de l’auteur, vers la fin de la deuxième guerre mondiale, et celui de Klaus Barbie, en 1987.
L’incroyable délire de ce père schizophrène (terme jamais utilisé) a réussi à tromper tout le monde, et en particulier les jurés. Engagé dans cinq armées différentes, et cinq fois déserteur… Héros national ? Traître à sa patrie ? Le doute subsiste.
De nombreux passages sont difficiles à lire, douloureux. Le procès Barbie, l’attitude insolente de son avocat, Jacques Vergès, donnent la nausée.

Bernard2 - DAX - 73 ans - 28 avril 2022