Nelson - Tome 7 : Tête à claques
de Christophe Bertschy

critiqué par Septularisen, le 19 septembre 2021
(Luxembourg - 54 ans)


La note:  étoiles
TÊTE A... TÊTE AVEC NELSON!
Il fait 50 cm de haut, est de couleur orange, mange tout ce qu’il trouve, et rend la vie de son propriétaire et du chien de celui-ci impossible... Mais ce n’est pas Garfield!..
Il vit dans la crasse, mange très bruyamment tout au long de la journée, ne travaille pas, a une queue en tire-bouchon et des petits sabots aux pieds... Mais, ce n’est pas un cochon domestique!..
Il a une barbichette, des cormes recourbées, mange n’importe quoi, n’importe quand, mais toujours très bruyamment, il est malicieux et court très vite… Mais, ce n’est pas un cochon sauvage, ni un marcassin!..
Il est poilu, et passe sa vie à manger, dormir et ne rien faire… Mais, ce n’est pas un koala, ni un paresseux!..

Vous l’aurez deviné, c’est… Nelson! L'insupportable diablotin orange, dont «Tête à claques» constitue le septième album de ses aventures, paru à l’origine en 2006. On pourrait croire qu'à force d’empoisonner la vie de tous ceux qu'il croise, Nelson finirait par se lasser, se calmer… Il n’en est rien! C'est pour lui un véritable «talent» naturel, une vocation! Faire le bien? Même pas en rêve! Aider aux tâches quotidiennes? Ça lui donne des cauchemars! Travailler? Inutile d’y penser! Être sage? Impossible! Il est vrai que son plus grand rêve est d’avoir un jour sa photo sur le mur du «Panthéon de Vilains», au côté de celle de Néron, Brutus, Le Joker, Al Capone et… Satanas et Diabolo! (Pg. 26).

Nelson reste donc fidèle à lui-même: une calamité ambulante et débordante d'imagination lorsqu'il s'agit de rendre la vie impossible à la jeune et jolie Julie, et à Floyd, son labrador sentimental et un peu empoté... Forcément, qu’attendez-vous, d’un individu qui monte un kit «fil dentaire mains libres» en tendant un fil entre les deux montants de la porte? Fil sur lequel bien entendu Julie et Floyd se prennent les pieds et trébuchent... (Pg.27) Ou bien quand il fait expulser Julie d’une discothèque, puisque ayant voulu «s’éclater, se vider la tête de tous les soucis de la semaine», il s’accroche à la boule à facettes, et... Se fait jeter de la discothèque, avec sa tête fichée à l’intérieur de cette même boule… (Pg. 41)

Nelson n’est bien sûr pas à l’abri de la «vengeance» de tous ceux qu’il importune à longueur de journée. Ainsi p. ex. lorsqu’il se moque de Julie, de retour d’un séminaire de «motivation», celle-ci se défend en lui tirant dessus au pistolet de paintball… Qu’elle vient justement d’apprendre à maîtriser au cours de son séminaire (Pg. 40), ou bien encore quand Julie excédée par le bruit que fait Nelson, se rend en pharmacie et demande de quoi anesthésier un animal. Par chance le pharmacien revient juste d’un safari, et elle lui emprunte son fusil à fléchettes… (Pg. 21)

Quand ce n’est pas lui-même qui s’(auto-)fait des bêtises! En voulant faire deviner le film : «La Guerre des Étoiles» à Floyd, il lui demande de brancher un tube néon blanc, pour imiter un sabre laser… Mais, il s’électrocute avec et l’on voit son squelette par effet de transparence... Floyd dans son infinie naïveté, lui répond alors que le film à deviner est… «Pirates des Caraïbes»! (Pg. 5). Ou bien encore quand refusant de payer 20 centimes d’Euros pour une boule de chewing-gum, il essaie de voler des boules en glissant sa main dans la fente du distributeur… Où bien sûr sa main reste coincée toute la nuit. Le plus douloureux étant pour lui «l’aspect moral» de toute l’histoire… (Pg. 33).

Voilà, il n’y a pas grand-chose à dire de plus! Nelson étant toujours aussi en «forme» et aussi imaginatif quand il s’agit de faire des bêtises, ou d’en faire subir à tous ceux qui ont le malheur de croiser sa route… Et nous de sourire, de rire, de nous esclaffer à ses bêtises, les unes pires que les autres…

P.S. : Rappelons que le personnage de «Nelson» ayant été, au départ, créé en février 2001 par le suisse Christophe BERTSCHY (*1970), pour paraître comme «Mascotte» du quotidien Suisse francophone de Lausanne «Le Matin». Depuis de nombreuses années il paraît aussi dans «L’essentiel», le quotidien gratuit du Luxembourg. Les gags se composent toujours de «strips» de une à quatre cases. On peut donc commencer la lecture à n’importe quelle page, avec toujours quatre gags pour chaque page. Il n’y a donc pas lieu de parler des découpages de cette BD, puisque ce sont toujours les mêmes cases. Les dessins et couleurs sont ici «secondaires», comme on peut le voir sur la couverture de la BD, - il n’y a quasiment jamais de décor, et l’arrière-plan est généralement d’une seule couleur-, l’accent étant mis sur l’inventivité du scénario et sur le gag lui-même! Les dessins et les couleurs sont entièrement réalisés de manière électronique, à l’ordinateur, en utilisant la technique dite du «dessin vectoriel», ce qui parfois donne d’étranges résultats, notamment au niveau des yeux des personnages, quand ils sont vus de profil.