Le jeu de la dame
de Walter Tevis

critiqué par Sundernono, le 27 août 2021
(Nice - 38 ans)


La note:  étoiles
Échec et mat
Présentation de l'éditeur: « Kentucky, 1957. Après la mort de sa mère, Beth Harmon, neuf ans, est placée dans un orphelinat où l'on donne aux enfants de mystérieuses "vitamines" censées les apaiser. Elle y fait la connaissance d'un vieux gardien passionné d'échecs qui lui en apprend les règles. Beth commence alors à gagner, trop vite, trop facilement. Dans son lit, la nuit, la jeune fille rejoue les parties en regardant le plafond où les pièces se bousculent à un rythme effréné. Plus rien n'arrêtera l'enfant prodige pour conquérir le monde des échecs et devenir une championne. Mais, si Beth prédit sans faute les mouvements sur l'échiquier, son obsession et son addiction la feront trébucher plus d'une fois dans la vie réelle. »

Si ce synoptique vous dit quelque chose c’est qu’il y a fort à parier que vous avez succombé à l’excellente série The Queen’s Gambit, particulièrement fidèle au roman publié en 1983.
Après avoir lu ce roman, je comprends mieux le vif succès de la série tant tous les ingrédients nécessaires à l’élaboration d’un excellent roman sont là : une base composée de personnages bien fouillés et attachants, ajoutez-y une histoire crédible et prenante, un rythme parfait, assaisonnez le tout d’un style agréable et pour finir faites mijoter dans un univers original. Le résultat est tout simplement parfait, le genre de roman qui laisse des traces, ne s’oublie pas et vous laissera un sentiment de manque une fois achevé.

« Elle se vit brusquement comme une petite personne sans importance – une orpheline brune d’allure quelconque vêtue du morne uniforme du foyer.
Elle était deux fois plus petite que ces élèves insolents et sûrs d’eux, avec leurs voix puissantes et leurs pulls de couleurs vives. Elle se sentait impuissante et stupide. Et puis elle regarda de nouveau les échiquiers, avec leurs pièces disposées à leurs places familières, et les sensations désagréables s’atténuèrent. Elle n’était peut-être pas à sa place dans ce lycée public, mais elle était à sa place devant ces douze échiquiers »

Il est difficile de ne pas être touché par l’histoire de cette jeune orpheline et par son don pour les échecs. On vibre et l’on vit avec délectation l’irrésistible ascension de Beth Harmon. Tevis Walter nous a gratifié d’une pépite. Une pépite qui d’ailleurs est accessible au grand public, pas besoin d’être un grand maître des échecs pour apprécier cette œuvre à sa juste valeur.
Un régal !
Œuvre magnifique. 10 étoiles

Comme beaucoup j'ai regardé la série TV mais sans savoir, me concernant, qu'elle était tirée d'un roman.

Même si la série m'a plu et que je connaissais donc l'histoire, j'ai adoré le roman, le préférant, et de loin, à l'adaptation télévisuelle.

Walter Tevis a eu l'intelligence de ne pas nous abreuver et nous perdre dans ces parties d'échecs hyper techniques. Au contraire, les descriptions qu'il donne servent son récit et retranscrivent très judicieusement l'extrême tension des moments clés du jeu.

Quant au personnage principal, Beth Harmon, l'auteur nous la rend attachante, en rapportant avec talent son parcours de l'orphelinat jusqu'à sa consécration dans un milieu presque exclusivement masculin. Il la rend aussi humaine que possible, et malgré des capacités hors normes, elle n'apparaît pas aussi brillante dans d'autres domaines.

Un pur plaisir de lecture additionné d'une originalité bienvenue.

Ayor - - 49 ans - 12 décembre 2021