Le château de l'araignée
de Philippe Collas

critiqué par Mimi62, le 15 août 2021
(Plaisance-du-Touch (31) - 71 ans)


La note:  étoiles
Un premier opus maladroit mais laissant espérer mieux pour la suite
Une idée de départ originale et qui retient l'attention. Cela ouvre la perspective de découvrir une époque et un milieu grâce à un "people" de l'époque.

Les ingrédients sont là, le talent de l'écrivain est présent mais il manque une armature. Dans un premier temps, le propos s'étend longuement, durant quasi un tiers de l'ouvrage sur le contexte de la vie de La Fontaine. Il ne s'agit bien évidemment pas d'une biographie et cela est trop long. Le lecteur se demande, après avoir lu la quatrième de couverture, quand l'entrée dans le vif du sujet va se faire.
Ensuite, quand enfin l'intrigue démarre doucement, on n'arrive pas à cerner le rôle de La Fontaine. Il apparaît davantage comme quelqu'un qui constate les événements que comme quelqu'un menant réellement une enquête. Il saisit ce qui passe et élabore des hypothèses que les événements confirmeront ou pas.
Une fois de plus cela n'est pas vraiment long mais lent. Par contre, on est réellement plongé dans l'époque et le lecteur est immergé dans les modes de vie dans ces châteaux au milieu des domaines des nobles.

L'écriture est plutôt soignée, avec de jolis passages, mais si quelques maladresses de niveau de langage sont compréhensibles, celles concernant de lourdes fautes grammaticales sont incompréhensibles, comme les confusions entre les verbes être et avoir : très surprenant et dérangeant. (Tout avait été trop vite / Il avait été récolter / J'ai été pour vous en cuisine ...)

Intriguant également, l'avis au lecteur évoquant des découvertes de documents sur lesquels est fondé ce document. Il y est fait référence à des experts en ce domaine. Si l'on trouve bien trace de ces personnes, aucune information n'est trouvée concernant cette découverte de 1994
L'avis au lecteur a pour objectif d'apporter une information non romancée dans un ouvrage or il semble que ce ne soit pas le cas ici.
Que faut-il en penser ?

En conclusion, un ouvrage qui ne m'a pas enthousiasmé. Des bases intéressantes dans un ouvrage se voulant premier d'une série permet d'espérer que les suivants seront plus construits, que La Fontaine sera moins falot et prendre de l'épaisseur pour continuer à nous immerger dans cette période.

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C'était sur lui que Jean pourrait mesurer l'horreur du temps, non pas celui de l'âge dont il se moquait, mais bien celui du temps qui rétrécissait inexorablement l'horizon de chacun.

(Le vieux château se dressait toujours comme un chef-d'oeuvre inachevé .../... Des douves profondes faisaient ressembler l'ensemble à une île végétale, posée là, oubliée, endormie ; une sorte de tapis volant comme on en imagine dans les contes persans.

Entre la pensée et l'acte, il y a un chemin bien long qui de nomme la civilisation.

Le bruit des bûches qui crépitaient dans l'immense cheminée, le cliquetis des couverts sur la vaisselle d'argent, le choc des verres et mille autres petits échos familiers servaient de réponses à des questions que nul ne posait.

Le tragique de la vieillesse ce n'est pas ce que l'on croit... le tragique c'est que le corps vous trahit alors que l'on reste jeune à l'intérieur de soi.

S'il était physiquement presbyte, Charles était intellectuellement myope.

... les relents les plus forts se trouvaient dans les pensées. La chapelle avait résonné de ces phrases non dites; bien plus que des incantations du curé.