Goupil ou face
de Lou Lubie

critiqué par Page , le 7 mai 2021
(Rennes - 33 ans)


La note:  étoiles
Attention un bipolaire peut en cacher un deuxième
Il s’agit d’une nouvelle parution d’un ouvrage sorti en 2017 chez un autre éditeur. La narratrice se dit bipolaire et précise que ce mot est synonyme de cyclothymique, ce dernier adjectif est attribué déjà en 1853 par le docteur Dubois au poète français Gérard de Nerval (qui se suicide le 26 janvier 1855).

Contrairement à l’auteure, je pense que bipolaire est déjà un euphémisme ou un politiquement correct pour ne pas dire maniaco-dépressif ou lunatique. Toutefois page 61, il est tenté de nous expliquer par des explications et des schémas que dans l’ensemble des maladies bipolaires, on trouve trois degrés et que le manico-dépressif relève de la première catégorie.

La dopamine est un neurotransmetteur et les personnes ayant un fort taux de dopamine auraient davantage tendance à être bipolaire. L’auteure symbolise ses sautes d’humeur par un renard qui l’accompagne et la guide parfois dans certaines actions. Le récit nous montre des consultations chez plusieurs professionnels de l’univers psychanalytique et la prise de médicaments qui peuvent avoir des effets secondaires comme le lithium.

Ce dernier est mis dans les piles d’ailleurs et c’est donc pour guérir des personnes que certains qualifieraient de pile qu’on administre un des métaux constituant une pile. Cette affection a des conséquences psychologiques diverses possibles dont la jalousie extrême et le fait de ne pas supporter la critique ne sont pas des moindres. Le lecteur de cette BD pourrait se découvrir un cyclothymique qui s’ignorait, tant les situations sont particulièrement évocatrices ici pour le commun des mortels. 6% de la population souffrirait de cyclothymie aujourd'hui, sans compter ceux qui souhaitent ne pas en prendre conscience…