Bénie soit Sixtine
de Maylis Adhémar

critiqué par Ludmilla, le 20 décembre 2020
(Chaville - 67 ans)


La note:  étoiles
Plongée dans l'univers des catholiques très intégristes
Sixtine, jeune fille élevée dans un milieu catholique intégriste, rencontre Pierre-Louis Sue de La Garde à la table des célibataires lors du mariage d’une amie.
Sixtine épouse Pierre-Louis quelques mois plus tard et rentre dans le monde des Frères de la Croix, ultra-catho d’extrême droite.
« Le monde Sue de La Garde est régenté par cette femme [la mère de Pierre-Louis], fille de saint-cyrien, épouse de saint-cyrien, mère de cinq garçons et de trois filles, grand-mère de sept petites têtes blondes, et responsable de la chorale au camp d’été pour jeunes des Frères de la Croix »
La nuit de noces est un cauchemar pour Sixtine.
Sixtine est rapidement enceinte, une grossesse très pénible.
« Je déteste être enceinte, pourtant c’est ma vocation. Nous en aurons cinq ou six. Mais moi […] je hais mon corps »
Puis un drame entrainera la fuite de Sixtine et la découverte d’une autre vie.

Un premier roman inspiré par l’histoire personnelle de l’auteur
Extrait d’une interview de Maylis Adhémar : « j'ai grandi dans une famille catholique traditionaliste et, quand mes soeurs et moi étions petites, mes parents fréquentaient une communauté religieuse proche des lefebvristes, sans toutefois être intégristes. […] l'été, nous participions à des camps pour jeunes, qui étaient très durs et où les maîtres mots étaient le sacrifice et la pénitence […]
une amie que j'avais connue dans ces camps m'a recontactée. Elle s'était mariée huit ans plus tôt, elle avait six enfants et elle ramenait tout à son mari, le « chef de famille »... Je ne la sentais pas épanouie. En parlant avec elle, je me suis aperçue que toutes les filles de notre cercle avaient cessé de travailler et s'étaient mariées à des hommes de la communauté.»

Même si la seconde partie du livre est moins crédible, ce livre décrit un monde méconnu, mais pourtant bien réel, celui des milieux catholiques extrémistes, sans critiquer les religions ou la foi.
Une prière pour Sixtine 7 étoiles

C’est un grand jour pour Sixtine Duchamp. Elle épouse Pierre-Louis Sue de la Garde, beau jeune homme qu’elle a rencontré peu de temps auparavant et qui semble le mari idéal.
Muriel, la mère de Sixtine en est convaincue. La famille Sue de la Garde est une famille de huit enfants, catholique fervente, très pratiquante et liée aux Frères de la Croix, la mouvance extrémiste de sa religion. Sixtine a été élevée dans la foi, avec chaque jour ses prières, ses messes, ses actes de contrition. Elle connaît et accepte tous les codes, vestimentaires, traditionnels de cette société. Même si elle a un petit regret de quitter de passionnantes études d’histoire de l’art.
Aucune discussion, Pierre-Louis pourvoira au budget, il a déjà choisi la maison, le nombre d’enfants (5!) et même le prénom de son premier fils. Qui ne tarde pas.
Sixtine supporte mal cette vie rigide, la présence permanente de sa belle-mère et belle-sœur veillant à la stricte observance des rites de leur communauté. Prières, chapelets, confessions s’enchaînent…
Jusqu’au drame.

Ce roman nous plonge dans le milieu peu ou mal connu de l’intégrisme religieux catholique, de son extrémisme politique, de sa violence et de ses dérives. Une découverte sidérante.
La place de la femme est moyenâgeuse et révoltante et l’on suit le parcours de cette jeune femme avec effroi et compassion, face à ses atermoiements, ses doutes, sa culpabilisation entre le respect de la religion transmise et la découverte d’un autre monde possible.
Un livre marquant, surtout dans sa première partie et très instructif.

Marvic - Normandie - 64 ans - 15 novembre 2022