La révolution psychédélique : Médecine de demain
de Olivier Chambon, Jocelin Morisson

critiqué par Colen8, le 13 décembre 2020
( - 79 ans)


La note:  étoiles
Améliorer l’humeur, adoucir la vie
Rayés de la pharmacopée depuis 1971, classés parmi les drogues dangereuses, ces substances naturelles ancestrales plus quelques produits de synthèse aussi très en vogue pour leurs effets psychédéliques (PDL) dans les années antérieures font un timide retour en pratique hospitalière de plusieurs pays. Qu’il s’agisse de kétamine, d’ecstasy (MDMA), de LSD, d’iboga, de mescaline dérivée du peyotl, d’ayahuasca, de psilocybine, les publications scientifiques et les congrès médicaux(1) se multiplient à leur sujet pour en souligner les propriétés thérapeutiques à faible dose. La plupart agissant sur les récepteurs de la sérotonine(2) améliorent plus vite et plus durablement des pathologies mentales récalcitrantes et pas seulement celles-là, en tout cas beaucoup mieux que le juteux business de l’industrie pharmaceutique. Il est ici principalement question des psychothérapies assistées par PDL qui ont aussi montré leur utilité pour accompagner les soins palliatifs, calmer l’angoisse des patients atteints de maladies graves, incurables, les rassurer en fin de vie à l’approche de la mort. A micro-doses cette fois-ci on commence à en étudier les propriétés antalgiques, anti-inflammatoires, dans les déficits immunitaires, le traitement de certains cancers, les maladies neurodégénératives.
Les états de conscience modifiés, hallucinations, expériences mystiques ou de mort imminente (EMI), résultent de plus fortes doses sans toutefois rejoindre les pratiques chamaniques qui entourent et vont bien au-delà de la seule ingestion d’un produit. Toutefois les patients doivent être accompagnés dans leurs « voyages » par des soignants formés et reconnus, seule façon d’éviter les « bad trips » heureusement peu fréquents de ceux qui préfèrent braver les interdits en échappant ainsi volontairement à l’encadrement nécessaire. A l’opposé de ceux qui croient en une incarnation de l’esprit dans le corps, les auteurs défendent l’existence d’une pensée non organique générée par une Conscience baignant tout l’Univers apte à neutraliser les filtres de la conscience ordinaire(3). Celle-ci opérerait comme un champ quantique venant irriguer les zones cérébrales suffisamment ouvertes par l’entremise des PDL. Rien que ça ! Cette synthèse très documentée complète l’enquête récente de la journaliste Stéphanie Chayet : « Phantastica – Ces substances interdites qui guérissent » - https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/57846
(1) dont celui de l’Association Française de Psychiatrie Biologique en 2019 et 2020
(2) excepté la kétamine et la mescaline
(3) plus précisément le « réseau en mode par défaut » RMPD.