Le roi semeur
de Patrick Boutin

critiqué par Débézed, le 23 novembre 2020
(Besançon - 74 ans)


La note:  étoiles
Vive le roi !
Auteur très prolifique, c’est le quatrième opus de Patrick Boutin que je lis cette année, chez quatre éditeurs différents ce qui relève de la performance éditoriale, avec ce dernier ouvrage, il me fait découvrir une maisons d’édition de ma région que je ne connaissais absolument pas : Denis éditions. Cette maison propose notamment des petites brochures, format carnet broché, qui peuvent être aisément insérées dans une poche même intérieure, pour être lues dans n’importe quelle salle d’attente, dans les transports en commun, partout où il faut attendre un peu sans avoir une occupation précise.

Patrick m’a adressé deux opus dont celui-ci dans lequel il se livre à un exercice mieux connu des gastronomes et cuisiniers : l’art de revisiter, en l’occurrence il revisite un genre littéraire particulièrement apprécié des enfants : le conte. « Le roi semeur » (et j’ai envie d’ajouter vive le roi) est donc un conte, l’histoire de « Cendrillon » revisité par un instituteur dandy égaré dans les années quatre-vingt. Le roi est un brave type aimé de ces sujets parce que, comme eux, il cultive la terre. Mais un beau jour, des corbeaux ravagent toutes les récoles et le roi doit anéantir tous ces volatiles qui sont la propriété de la sorcière du bois voisin. Comme dans tout bon conte, il faut un sort, dans celui-ci c’est la sorcière qui le jette à celui qui a tué ses oiseaux. Pendant que le roi travaille et anéantit les corbeaux, son fils festoie et tombe amoureux d’une jeune fille qui se sauve à minuit en oubliant sa chaussure. Vous connaissez tous cette histoire mais vous n’en apprendrez l’épilogue imaginé par l’auteur qu’en lisant son texte. En effet, il s’est permis de modifier la conclusion de ce conte en la rendant beaucoup moins heureuse.

Les oiseaux sont très présents dans ce conte : les goélands qui sillonnent le ciel de Granville, là ou le narrateur écrit son conte, les corbeaux de la sorcière qui détruisent les cultures et même les oiseaux qu’Alfred Hitchcock met en scène dans son célèbre film. Ils pourraient symboliser la nature que les hommes mettent à mal sans se douter des risques qu’ils font encourir aux générations futures. Mais, ce n’est que mon interprétation de ce conte, la vôtre sera peut-être différente tout comme celle de l’auteur. « Oyez ! Oyez ! Voici la triste vie du Roi semeur ! ».