Récit du pèlerin
de Ignace de Loyola

critiqué par Cédelor, le 22 septembre 2020
(Paris - 49 ans)


La note:  étoiles
Une vie de saint
Ce petit livre est le récit de la vie de Saint Ignace de Loyola par lui-même, c’est-à-dire que Ignace de Loyola a raconté oralement sa vie entre 1553 et 1555, qu’a recueilli et retranscrit le Père Gonçalvès da Camara, sur les instances longuement réitérées du Père Nadal, autre religieux contemporain des 2 premiers cités, et auquel Ignace a fini par consentir après plusieurs années de refus. On pourra d’ailleurs lire les préfaces de ces deux Pères dans ce livre.

Donc, ce n’est pas toute la vie d’Ignace de Loyola mais celle qu’il a racontée de son vivant, de ses débuts jusqu’à l’âge qu’il avait au moment où il dictait ses souvenirs au père Gonçalvès da Camara, que je tiens comme co-auteur de ce « Récit du pèlerin ». Une sorte d’autobiographie, un récit personnel sur soi-même, un testament hagiographique.

Alors évidemment, ce n’est pas une œuvre écrite avec un grand talent littéraire. C’est retranscrit simplement, sans fioritures, dans un style assez monocorde, sans trop de détails. Ignace de Loyola, en racontant, n’a pas cherché à faire grandiloquent, et Gonçalvès da Camara, en écrivant, n’a pas cherché non plus à faire des enjolivements. Ce n’est pas une œuvre littéraire, c’est surtout un témoignage déposé par un homme de son époque, que son époque a reconnu comme étant extraordinaire, mort en 1556 et que l’Eglise a canonisé en 1622.

Ce récit de la bouche du Pèlerin, surnommé ainsi pour avoir effectué un pèlerinage à Jérusalem, donne un bon aperçu global quoique superficiel de sa vie en 126 pages, qui il était, comment il est devenu ce qu’il a été, par où il a passé, qu’a-t-il fait et avec qui. Il est extraordinaire surtout par ses visions de Dieu, de la Vierge Marie, et de ses entretiens avec Jésus, et les larmes qui s’épanchaient abondamment de ses yeux quant il était en présence de la Trinité ou l’un de ses aspects, qui étaient sa marque propre de la sainteté. Ce qui m’a surtout marqué en le lisant, c’est son courage incroyable face à la douleur physique. Et tout ça est raconté simplement, sans passions, sans effets de manche, comme si tout était normal. Tel qu’il a dépeint sa vie, il donne l’effet d’avoir été une personne très simple, et même simple d’esprit doté d’une dévotion bornée à l’extrême. Il a pourtant été le fondateur de l’ordre de la Compagnie de Jésus et a eu nombre de disciples qui l’ont suivi et a écrit les exercices spirituels, recueil de préceptes méditatifs à suivre en 4 semaines pour avancer dans l’élévation spirituelle. On a l’impression donc d’un écart entre ce qu’il a été vraiment et l’image qu’il laisse percevoir de lui-même dans ce « Récit du pèlerin ».

C’est un livre qui contentera les croyants et les amateurs de vies de saints, mais personnellement, je ne peux pas dire que j’ai adoré, y voyant un récit plat, peu palpitant malgré que certains faits miraculeux y soient rapportés, presque ennuyeux. C’est trop abrégé, trop peu développé. Si l’on veut s’informer plus en étendue sur la vie de Saint Ignace de Loyola, mieux vaut se procurer d’autres ouvrages sur lui, certainement plus détaillés et complets que ce qu’en a pu raconter Ignace de Loyola lui-même.