Les fleurs noires de Santa Maria
de Hernán Rivera Letelier

critiqué par Phil SMT, le 22 septembre 2020
( - 62 ans)


La note:  étoiles
La douloureuse beauté des combats perdus d'avance
- "Un jour je l'ai entendu dire que Dieu aimait sûrement beaucoup les pauvres pour en avoir créé autant" - Plus de trois mille mineurs, dans ce Chili de 1907 secoué par les grèves, entament une errance sociale, traversant l'enfer du désert d'Atacama, pour rejoindre la terre promise de la négociation, jusqu'à la ville de Santa Maria de Iquique, et clamer leur misère et leur exploitation.
Naïfs, truculents, idéalistes et brisés d'avance, ils portent leur joyeuse espérance de perdants étoilée sur la sueur de leur front, comme un rêve enfin accordé à des prisonniers de marque, au fil d'une épopée historique et humaine bouleversante.
Je marcherai volontiers aux côtés d'Olegario, mineur quinquagénaire, taiseux et pessimiste, éleveur de vautours et amoureux de la gitane de son paquet de cigarettes. Et parce que rien, non rien n'égale la douloureuse beauté des combats perdus d'avance, j'invite à lire ce sublime roman qui rend justice à ces hommes qui ont osé la réclamer.