L’auteur(e) a son portrait sur la couverture. Elle a un air de chien battu ; mais quand on a terminé son livre et qu’on revoit son portrait on s’aperçoit qu’elle est gênée de ce qu’elle vient d’écrire… Et ça se comprend ! Certains passages sont carrément porno-scatologiques et on se demande comment une petite jeune-fille de douze ans a pu écrire des histoires aussi répugnantes.
Pourtant on s’accroche à ce récit. Ça se passe dans une ferme isolée de la Hollande profonde. La famille est protestante d’un genre rigoriste comme on n’imagine pas que ça puisse encore exister. Dans cette famille on n’apprend pas à vivre, on se tait, on vit avec le fils aîné qui est mort et qui prend beaucoup de place et, en toutes circonstances, on se récite des sentences tirées de la Bible. Les animaux de la ferme font partie de la famille et les filles font leur éducation sexuelle en observant leur élevage de crapauds… Tout ça nous est raconté sur le ton faussement naïf d’une enfant délurée, obsédée par la mort et dotée d’une imagination franchement déboussolée.
Le bandeau du livre nous dit que ce récit est « la nouvelle sensation littéraire européenne ». A mon avis, c’est un peu exagéré. Il ajoute que c’est « poétique, original, et débordant d’idées ». Pour ça oui je suis d’accord – du moins partiellement parce que je n’ai vu de poésie nulle part – mais, question originalité et débordement d’idées, j’ai été comblé. Je peux même dire que j’ai été complètement bluffé par cette histoire.
Saint Jean-Baptiste - Ottignies - 89 ans - 30 juin 2021 |