« L’Homme se dressa contre Dieu, la Raison triompha.
La philosophie, les arts, la médecine et la musique firent beaucoup de progrès à cette époque; la culture s’épanouit dans toute sa splendeur. Il y eut toutefois un prix à payer. Les vieilles lois furent violées avant que les nouvelles soient rédigées. Passer de la stricte adhésion à la parole de Dieu et de la croyance en la damnation éternelle à l’adoration de l’Homme, aux bienfaits du monde matériel, à l’humanisme, fut en réalité une difficile transition. »
On est en Italie à la fin du quinzième siècle et on suit la célèbre famille des Borgia, le patriarche qui devint le pape Alexandre VI et ses enfants à qui il cherchait les positions les plus profitables. Une famille d’intrigues.
Pour avoir lu quelques oeuvres sur les Borgia, ce roman posthume de Mario Puzo est celui que je recommanderais le plus pour le moment. Il a travaillé pendant ce livre pendant plus de 20 ans, jusqu’à sa mort (le livre a été finalisé par sa compagne, Carol Gino), il a toujours été fasciné par cette famille et il y aurait plusieurs éléments de la vie des Borgia qui se retrouveraient dans ses autres romans. J’ai lu le livre des Borgia d’Alexandre Dumas (de sa série des Crimes célèbres), je me plaignais qu’il n’était pas axé sur la famille, trop sur les changements de pouvoir, que les personnages n’étaient pas assez approfondis et le Puzo comble mes attentes de ce côté-là. À vrai dire, côté style et façon d’aborder l’histoire, c’est totalement différent et ça a ses forces et faiblesses.
Les points positifs, c’est que c’est centré sur la famille, l’auteur maîtrise ses effets, ça se lit facilement, l’écriture est coulante, pas besoin de connaître à fond l’Histoire pour suivre, il explique bien.
Ce que j’ai moins bien aimé et j’imagine que c’était inévitable pour rendre l’histoire intéressante, c’est que ça sent le romancé et qu’il semble aussi se baser sur les rumeurs (qui fait toute la légende de cette famille). Comme exemple, plusieurs historiens modernes doutent des amours incestueuses de Lucrèce et ça a une part assez importante dans le roman de Puzo (c’était aussi présent dans le Dumas, mais ce n’était que survolé). Plusieurs fois je me demandais si ce qui est écrit venait plus de faits ou des on-dit.
N’empêche, que l’histoire ne soit pas tout à fait exacte, ça reste un livre divertissant et si vous voulez lire un roman sur la famille, c’est le livre que je recommanderais.
Nance - - - ans - 13 novembre 2012 |