Homo Biologicus: Comment la biologie explique la nature humaine
de Pier Vincenzo Piazza

critiqué par Colen8, le 31 janvier 2020
( - 83 ans)


La note:  étoiles
L’incarnation de l’esprit
Trente ans d’avancées en neurobiologie ont levé les doutes quant à l’origine de l’esprit pour les philosophes, de l’âme pour les croyants, de la conscience pour les psychanalystes. Le ressenti d’une dualité corps-esprit existe bien mais ne peut avoir d’autre support matériel que le cerveau. Le biologique si longtemps considéré comme déterministe et fixe montre une variabilité inattendue par ses propriétés de fonctions émergentes, à commencer par une aspiration immuable à la liberté depuis la première cellule.
Sens, neurones, gènes, ADN, protéines, neurotransmetteurs, hormones en interaction permanente multiplient à l’infini les capacités d’action, d’abstraction, de création du plus précieux de nos organes. Sollicités par l’environnement en même temps qu’agissant sur lui, conséquences de mutations génétiques, de sélection naturelle sur des échelles de temps mesurées en centaines de millions d’années, ces éléments sont une partie de l’histoire de l’évolution. Il s’y ajoute l’épigénétique transmissible aux générations suivantes qui, elle, marque les expériences de vie individuelle dans le biologique en même temps qu’elle façonne les phénomènes culturels.
Un détour par l’entropie caractéristique du vivant, traduite dans le corps par l’homéostasie sous ses différents mécanismes est au fondement de l’explication physiologique de certains comportements :
- l’endostasie activée par le besoin ou le manque d’une ressource interne dont la satisfaction apporte un bien-être pouvant aller jusqu’à ressentir du bonheur concerne une tendance humaine à la spiritualité et au conservatisme
- l’exostasie, source de plaisir car stimulée sans nécessité par des facteurs externes se rencontre chez les progressistes et les matérialistes, mais engendre aussi des conduites à risque, des excès allant jusqu’aux addictions pour celles et ceux présentant à cet égard une intolérance pathologique.
Les connaissances sérieuses livrées ici sous une forme légère et blagueuse ont une portée dépassant largement les effets sanitaires et sociaux du traitement rendu possible de l’obésité ou celui des addictions de toute nature sur les comptes publics. En plus de faire bouger les lignes entre criminalité et maladie psychiatrique, elles ne manqueront pas de faire grincer des dents les adeptes et praticiens des sciences dites humaines.
Nb, à rapprocher de :
- « L’ordre étrange des choses – La vie, les sentiments, et la fabrique de la culture » d’Antonio Damasio (2017)
- «Pensées d’un biologiste » de Jean Rostand (1939) controversé néanmoins pour ses opinions eugénistes.