Bethlehem, Texas
de Christopher Cook

critiqué par Jules, le 5 juillet 2004
(Bruxelles - 78 ans)


La note:  étoiles
L'Amérique religieuse et obtue
Ayant longtemps travaillé à Dallas, Texas, le titre de ce livre m’a attiré. La quatrième de couverture parle des qualités d’écriture de l’auteur et du fait qu’il « sortirait du néant une Amérique ignorée des romanciers »

Ce livre contient une dizaine de nouvelles, toutes tournées vers le côté religieux des Américains. Elles se passent toutes dans le petit village de Bethlehem au nom prédestiné.

Il est très vrai que Christopher Cook écrit vraiment très bien et c’est dans la première nouvelle, à peine huit pages, que c’est le plus flagrant. Le personnage et la nature semblent ne faire qu’un dans cette petite histoire assez bouleversante.

La seconde nouvelle ne manque pas de piquant. Un jour une femme croit voir l’image du Christ imprégnée dans la moustiquaire de sa porte d’entrée. Elle hurle au miracle et, en quelques jours, tout son superbe petit jardin se trouve piétiné et ravagé par des milliers de visiteurs. La presse s’empare de l’affaire et tous les marchands du temple accourent. Les uns vendent des boissons à la foule assoiffée par la chaleur et des heures de contemplation , d’autres la nourrissent, des femmes s’évanouissent de bonheur et le shérif n’arrive plus à canaliser la foule. Tout tourne en catastrophe !

Chaque nouvelle nous montre cette foi du charbonnier qui possède la grande majorité du Midwest, l’étroitesse d’esprit de ces gens divisés en une multitude de sectes. Chacune a ses lois et elles vont du moyennement stupide à l’esprit le plus rétrograde. La haine du principe de l’avortement, la télévision assimilée au diable, les homosexuels qui ne sont que des pervers et des damnés, j’en passe et des meilleures !

Tout cela, je l’ai vu sur place et pas grand chose ne m’a étonné. L’hypocrisie qui en découle, et qui est aussi décrite, ne m’a pas étonnée davantage. Au contraire, il me semble qu’il reste en deçà de la réalité dans le domaine.

C’est donc la description de l’Amérique qui a porté Bush au pouvoir, l’Amérique rétrograde et fermée au reste du monde. Reste du monde qui, par ailleurs, n’est jamais, à leurs yeux, qu’un ensemble de peuples voué au pire, dévorés qu’ils sont par l’athéisme, le christianisme et bien d’autres choses encore…

Tout cela est très bien mais, ce livre n’évoquant que ce seul sujet, finit par devenir un peu lassant, aussi bien écrit et vrai soit-il…