Un éléphant, ça danse énormément
de Arto Paasilinna

critiqué par Alma, le 9 juin 2018
( - - ans)


La note:  étoiles
L'Odyssée d'un pachyderme danseur
Un éléphant qui danse, vêtu d'un tutu ( cf couverture) , cela ne peut se rencontrer que dans un cirque !
Mais quand le cirque se voit interdit par des directives européennes de présenter des numéros d'animaux sauvages, que faire du pachyderme ?

Lucia, la dompteuse ne peut supporter de se séparer d'Emilia, sa partenaire, une éléphante de plus de trois tonnes. Elle décide alors de quitter la Finlande et de se produire en Russie avant de la mener jusqu'à un port où un bateau la rapatriera en Afrique . Leur tournée rencontrera un grand succès . Mais la route sera longue.
A chaque étape, il faudra trouver des quantités énormes de nourriture pour alimenter l'animal, un abri à sa taille, parfois aussi un moyen de transport suffisamment large et solide. Nos deux héroïnes rencontreront toujours sur le chemin de bons samaritains qui les soutiendront et les tireront d'affaire, certains même continuant la route avec elles .

Une sorte de conte animalier baroque, plein d'humour, à l'image de ceux que Paasilinna a l'habitude de produire, avec sa galerie de personnages pittoresques et souvent savoureux.
Un road movie un peu gentillet, longtemps monotone, à mon sens. Heureusement les épisodes de la fin du roman lui confèrent la force, la cocasserie et la loufoquerie qu'on attend de l'auteur
Plus gros qu'un lièvre, plus doux qu'un ours 5 étoiles

Je crois, à l’exception de trois ou quatre d’entre eux, avoir lu presque tous les livres de l’auteur qui ont été traduit en français, soit environ la moitié de son œuvre comprenant en tout 35 romans dont le dernier a été écrit en 2009, soit près de dix ans avant sa mort en 2018.

Arto Paasilinna est avant tout un personnage, un romancier avec un vécu et un auteur au style inimitable. On peut aussi affirmer qu’il y a une forme de répétition dans ses romans où souvent, il décrit un périple à travers la Finlande ou parfois d’autres régions. Si les premiers romans lus constituaient un régal et d’heureuses découvertes, au fur et à mesure qu’on s’écarte de ses romans emblématiques, progressivement la lassitude s’installe.

Cet éléphant ne serait-il pas une forme de remake du Lièvre de Vatanen, ou de l’Ours du Pasteur Huuskonen, en plus gros mais malheureusement aussi avec un scénario peu emballant et moins abouti ?

Je n’ai pas retrouvé l’humour d’autres romans, ni d’ailleurs des thèmes comme la critique de la religion ou la misogynie, ou alors c'est évoqué de manière moins directe. Aucun effet surnaturel non plus n’a été détecté dans cette histoire finalement beaucoup plus vraisemblable qu’il n’y paraît avec davantage de naïveté où tout le monde est gentil et reste disposé à aider son prochain.

Bien sûr cela reste une œuvre qui est frappée de l’estampille de cet auteur remarquable, mais ce n’est certainement pas ce qu’il a écrit de mieux

Pacmann - Tamise - 57 ans - 15 juin 2020