Il est vrai que le vocabulaire est dur et heurte le lecteur, mais il faut aussi se dire que c'est celui de l'époque et qu'il était courant à ce moment là. Geeraerts est une sorte de païen qui rejette le type de colonisation pratiqué par les Belges au Congo qui était surtout basé sur l'église, les conversions, et l'exploitation des richesses locales. N'oublions pas que la plupart des Belges qui partaient là-bas, à l'époque, étaient loin d'être le haut du panier chez nous ou, pour le moins, ceux qui voulaient y gagner le maximum d'argent le plus vite possible. Etions-nous très différents des coloniaux des autres pays de ce temps là ? Pas sur !...
J'ai quand même apprécié la nouvelle intitulée "La chasse" et sa description de ce qu'est, pour lui, une femme comme celle qu'il a eue la veille de son départ. L'auteur est froid ? Oui, mais pas quand il écrit: "C'est comme cela qu'il faut aimer, pensa le blanc, ce pays est bon, c'est un pays splendide avec des femmes splendides, un pays avec des forêts et des savanes, du soleil et du vent et de l'éau, des rochers et des montagnes et des fauves, un pays où on peut respirer et vivre, libre comme une bête."
Impossible pour moi de lire cette nouvelle sans penser à celles d'Hemingway intitulées "Histoire africaine", ou "L'heure triomphale de Francis Macomber" (toutes les deux nettement supérieures par ailleurs !)
Jules 2 - - 80 ans - 11 mai 2004 |