Victor Hugo, tome 1 : Je suis une force qui va
de Max Gallo

critiqué par Incertitudes, le 4 février 2017
( - 37 ans)


La note:  étoiles
Le génie de ce siècle
Max Gallo s'est rendu célèbre à la fin des années 90 par ses biographies sur Napoléon et De Gaulle. De grands succès de librairies. En 2001, en choisissant de s'attaquer à Victor Hugo, 280 000 curieux iront se replonger dans la vie d'un des plus grands auteurs français avec Molière et Voltaire.

Le premier tome de cette biographie qui en compte deux s'intéresse aux débuts du jeune Victor Hugo. Comme le disait Robert Badinter dans la préface du Dernier jour d'un condamné, son prénom sonne comme une victoire. Très jeune, il est certain d'avoir un grand destin s'offrant devant lui comme Napoléon qu'il admirera même si sa sympathie ira plutôt vers le roi Charles X.

Pour autant, il doit faire face à des problèmes familiaux. Il est en concurrence féroce avec son frère aîné Eugène tant pour les lettres que pour l'amour d'Adèle Foucher. Victor l'emportant sur les deux tableaux, Eugène en deviendra fou et finira sa vie interné dans un asile.

Hugo est également fortement marqué par la séparation de ses parents. Il gardera un lien très étroit avec sa mère, Sophie. Les relations avec son père, un militaire volage, général lors de la campagne d'Espagne, seront plus complexes même si Hugo aura du respect et de l'admiration pour lui. D'ailleurs, lui aussi se lancera dans une carrière littéraire vers la fin de sa vie.

Se mariant jeune (avec Adèle donc) et devenant père de famille nombreuse dans la foulée, Victor Hugo se doit de produire une production suffisamment soutenue pour pouvoir nourrir ses enfants. L'argent ou plutôt le manque d'argent tiendra une place très importante à ses débuts de même que sa hâte d'être reconnu. Ce n'est pas encore le temps de l'écriture des Misérables ou des Travailleurs de la mer mais Hugo parvient quand même à se distinguer grâce à ses poèmes et ses pièces de théâtre comme Hernani.

Devenant chef de file des romantiques, sa garde rapprochée se forme : Balzac, Vigny, Nerval, le critique Sainte-Breuve, Lamartine entre autres. Il fréquente assidûment les salons littéraires, les salles de théâtre et envisage une carrière politique. Il arrivera au bout de plusieurs échecs à se faire élire à l'académie française. Mais ses moments de bonheur s'avèrent trop fugaces. Il doit affronter le décès de sa fille chérie Léopoldine (il apprend la nouvelle dans les journaux au cours d'un voyage avec sa maîtresse l'actrice Juliette Drouet) qui se noie tragiquement avec son mari.

Hugo a alors quarante ans. Il est riche, célèbre. Mais est-il vraiment heureux dans sa vie ? On dirait qu'il lui manque toujours quelque chose pour être complètement épanoui.