Le poète pisse encore dans son violon
de Pierre Autin-Grenier

critiqué par Débézed, le 27 décembre 2015
(Besançon - 77 ans)


La note:  étoiles
Mise en bouche littéraire
Décédé en avril dernier, Pierre Autin-Grenier n’avait que quelques jours de plus que moi, j’ai été ému et heureux de recevoir un petit recueil de textes retrouvés par Les Carnets du dessert de lune (un nom qui donne envie d’écrire pour faire partie de la ronde des desserts), un joli petit livre qui comporte des aphorismes de l’auteur avec en regard un facsimilé de son manuscrit. Ces quelques textes courts, publiés à titre posthume, dont l’auteur était un adepte apprécié : quelques mots lignes, quelques mots parfois, lui suffisaient pour énoncer une idée tranchante, fulgurante, hilarante, désopilante.
« N’étant que très rarement
D’accord avec moi-même
Comment voulez-vous
Que je sois d’accord avec les autres »
Dans les quelques textes présenté dans cet ultime recueil, l’auteur prouve que jusqu’à la fin il n’a rien perdu de sa rage de vivre dans un monde où il trouvait cependant bien peu d’humanité et de charité. L’autodérision lui a encore servi dans ce recueil d’esquive pour les embûches de cette société qu’il n’appréciait pas beaucoup.
« A chacun ses idées
Et les miennes
A moi »
On rit avec Pierre Autin-Grenier, on rigole plutôt, on se marre même, mais on n’évite pas la question cachée dans le creux de l’aphorisme ou la remarque fulgurante lancée dans une phrase cinglante.
« Voyez les gens d’ici :
Depuis longtemps
Ils ont touché le fond,
Mais ils creusent encore. »
Un joli petit livre, un beau texte, une mise en bouche appétente pour aller plus loin à la rencontre de l’œuvre de cet auteur.