Les derniers jours de nos pères
de Joël Dicker

critiqué par Pascale Ew., le 9 décembre 2015
( - 55 ans)


La note:  étoiles
Le courage de la résistance
Paul-Emile, surnommé Pal, s'engage dans le SOE (Special Operations Executive) en 1941 pour servir son pays. Ce service recrute des agents en Europe occupée et les entraîne en Grande-Bretagne pour ensuite les renvoyer dans leur pays effectuer des missions secrètes de "renseignements, sabotage, attentats, propagande et formation de réseaux". Son plus grand sacrifice est de quitter son père et de le laisser seul à Paris, sans pouvoir lui donner de nouvelles. En échange, il se crée une deuxième famille au sein des recrues et tombe également amoureux de Laura, stagiaire anglaise dans le SOE. Après la formation ardue, vient le temps des opérations, la peur, les retrouvailles par intermittence où l'on compte les morts.
L'auteur nous invite à une réflexion sur la guerre et comment elle transforme les hommes. Il décrit un monde en subtilités où personne n'est tout blanc ou tout noir. Ses personnages, décrits avec finesse nous sont rendus attachants avec leurs forces et leurs faiblesses.
Lu comme un documentaire 7 étoiles

Roman intéressant mais qui m'a donné l'impression de suivre plus un documentaire qu'une véritable histoire. Impression renforcée par le style de l'auteur, souvent détaché voire même factuel par moments.

Ceci est d'autant plus vrai dans le premier tiers qui retrace dans le détail le parcours sélectif des volontaires souhaitant intégrer les services secrets britanniques.

En revanche, les personnages sont réellement attachants et c'est avec plaisir que l'on suit leurs périlleuses aventures respectives.

Ayor - - 50 ans - 7 novembre 2020


Ces derniers jours ne valent pas Harry Quebert 7 étoiles

« Les derniers jours de nos pères », paru en 2010 est en fait le premier roman écrit par Joël Dicker, avant « La vérité sur l’affaire Harry Quebert » qui l’a propulsé sur le devant de la scène littéraire grâce aux nombreux Prix obtenus, dont « le Grand Prix du roman de l’Académie française ».
Un premier roman et une moins belle réalisation aussi. Autant « La vérité sur l’affaire Harry Quebert » pouvait étourdir par la virtuosité de sa conception et les imbrications complexes dans le temps du récit, autant « Les derniers jours de nos pères » est linéaire, et presque davantage une œuvre sur la Résistance », romancée mais dont on sent les travaux de recherche et de documentation qui ont été effectués en amont pour coller à la vérité historique.
Du coup l’aspect roman, histoire racontée, passe au second plan, derrière la visible véracité historique recherchée.
Plus que de la Résistance proprement dite c’est d’une branche de celle-ci dont il est question ; le « so british » S.O.E. (Special Operations Executive), unité de renseignement formée en Angleterre durant la Seconde Guerre mondiale pour recruter puis former des nationaux des pays occupés par l’Allemagne nazie afin d’aller faire du renseignement sur place et servir de liaison avec la Résistance locale. C’est bien du S.O.E. dont il est question, et notamment de sa branche France, ou francophone.
C’est dans ce cadre que le Parisien Paul-Emile, alias Pal, est recruté, ainsi que nombre de compatriotes ou tout au moins de francophones. Joël Dicker nous décrit le « parcours du combattant » (littéralement pour le coup !) qu’ils doivent subir, surmonter, pour mériter le titre d’agents et être envoyé sur le terrain, en France.
Alors bien sûr, il y a une partie romancée, de fortes histoires d’amitié, d’amour filial, d’amours tout court, mais pourquoi cela m’a-t-il semblé passer à l’arrière-plan, derrière une sorte de travail de recherches sur le S.O.E. ? Je n’y ai pas reconnu le voltigeur brillant de « La vérité sur l’affaire Harry Quebert ». Hélas. Même si la lecture de « Les derniers jours de nos pères » reste agréable. C’est juste qu’après Harry Quebert …

« Que tous les pères du monde, sur le point de nous quitter, sachent combien sans eux notre péril sera grand.
Ils nous ont appris à marcher, nous ne marcherons plus.
Ils nous ont appris à parler, nous ne parlerons plus.
Ils nous ont appris à vivre, nous ne vivrons plus.
Ils nous ont appris à devenir des Hommes, nous ne serons même plus des Hommes. Nous ne serons plus rien. »

Tistou - - 66 ans - 12 septembre 2016


Des héros anonymes 8 étoiles

Joel Dicker nous rappelle que les héros de la résistance étaient des anonymes, qui ont fait preuve de courage deux fois: en quittant tout pour l'inconnu, et en mettant leur vie au service de la liberté.
On s'attache aux personnages, on admire les uns plus que les autres, on se demande quelle aurait été notre attitude, quel aurait été notre courage face à la menace pesant sur ceux qu'on aime, et on se sent tout petit à côté de ces résistants plus ou moins forts, plus ou moins faibles.
Le style de Dicker n'est pas celui de Michel Déon, mais quelle belle histoire il nous offre!

Capucin - Namur - 53 ans - 1 juillet 2016