Mille coups de fouets parce que j'ai osé parler librement
de Raïf Badawi

critiqué par CC.RIDER, le 20 septembre 2015
( - 66 ans)


La note:  étoiles
Indignation
En 2012, un jeune blogueur saoudien est arrêté et condamné à 1000 coups de fouet et à dix ans de prison pour avoir écrit sur un site des articles qui ont déplu aux autorités politiques et religieuses de ce régime théocratique obscurantiste. Le 9 janvier 2015, lors de la première séance de torture qui lui est infligée, les cinquante coups de fouet lui sont administrés si violemment et si cruellement que son corps n'est plus qu'une plaie béante et que la deuxième série de coups doit être reportée. Sa femme et ses enfants se sentant menacés doivent émigrer en Amérique. Amnesty International tente d'attirer l'attention de l'opinion publique internationale sur le sort du prisonnier Badawi. Les grands médias ne semblent pas avoir autant relayé les appels à la clémence ni soutenu le mouvement général de réprobation qu'ils ont battu le tambour pour le cas de criminels américains placés dans le couloir de la mort ou d'oligarques russes forcés de rendre gorge. Leur indignation est trop souvent à géométrie variable. Pourtant toute souffrance injustement infligée devrait faire réagir tout homme de bonne volonté.
Après tout qu'a donc écrit de si monstrueux, de si blasphématoire Raïf Badawi pour subir cette monstrueuse torture moyenâgeuse ? Rien de bien méchant en effet. Il suffit de lire ce livre composé d'un florilège de ses « posts » pour en être convaincu. Il exhorte très poliment les dirigeants et les religieux de son pays à mieux respecter la liberté de pensée et d'expression. Il doute un peu de la valeur scientifique d'astronomes, biologistes et autres pseudos « savants » religieux. Il rappelle le retard et même le recul de la condition féminine en terre d'islam. Il soutient qu'on peut être libéral sans être apostat ou blasphémateur. Un livre à lire pour bien appréhender la réalité rigoriste, archaïque et hypocrite de la société saoudienne.