Rois du monde, I : Même pas mort
de Jean-Philippe Jaworski

critiqué par Colt, le 28 juillet 2015
( - 52 ans)


La note:  étoiles
Une confirmation...
La confirmation est que l'auteur est bien installé dans la cour des grands. Après un magnifique "Gagner la guerre" (http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/26644), JPJ nous livre un récit homérique qui se déroule en gaule antique :

"Je m'appelle Bellovèse, fils de Sacrovèse, roi des Turons. Pendant la Guerre des Sangliers, le haut roi, mon oncle Ambigat, a tué mon père. Ma mère, mon frère et moi, nous avons été exilés au fond du royaume biturige (...) Le temps a suivi son cours. Nous avons grandi (...) Dès le début des combats, nous nous sommes jetés au milieu du péril, et je suis tombé dans un fourré de lances. Mais l'impensable s'est produit : je ne suis pas mort."

Si on laisse de côté le titre - aussi étrange que le fameux "gagner la guerre" (la patte de l'auteur ?) - le récit est superbe. C'est une belle balade, pleine de poésie, de sensibilité, de bruit, d'odeur de forêts et de terres, où se mêlent des intrigues très humaines et des histoires surnaturelles. Il y a cependant quelques passages à vide dans cette longue récitation, où l'action et la réflexion ont déserté, laissant place à des longues descriptions, un peu ennuyeuses.

Une excellente épopée celte, dont on attend la suite avec impatience.
Bellovèse, un celte balèze 5 étoiles

Jean-Philippe Jaworski pare Même pas mort d’une écriture et d’une ambiance envoûtante, plongeant dans l’ère d’avant la conquête romaine de la Gaule, où les noms des tribus (les Lémovices, les Arvernes, les Eduens,...) répondent poétiquement au chant dense des forêts chevelues et impénétrables de l’époque. À ces éléments s’ajoute aussi que dès l’introduction le récit est conté comme une saga, l’entourant ainsi d’une aura de légende. On retrouve de plus l’écriture caractéristique de l'auteur, qui a tant plu dans Janua vera ou Gagner la guerre, un style plutôt dense et travaillé, qui tranche avec le tout venant de la Fantasy.

Dommage par contre que la construction du récit, qui se base sur une série de retours en arrière, ne soit pas d’une lisibilité extraordinaire. Cela nuit considérablement au rythme de la narration, tirant bien souvent en longueur, sans parler du scénario lui-même qui enchaîne ici ou là à la fois quelques poncifs assez communs et ne s’avère pas d’une originalité à décoiffer un Biturige !

Fanou03 - * - 48 ans - 9 décembre 2016