Caroline Fourest, éloge du blasphème, Grasset.
Retour sur « l’affaire des caricatures » mais surtout sur les événements de Charlie en janvier 2015, avec le rappel des réactions en direct,
- certaines bien hypocrites et visant à excuser la tuerie en culpabilisant les victimes,
Certains veulent « blesser les laïques en feignant de viser des racistes » et par là même, « trouver des excuses aux tueurs »
- d’autres plus sincères et mesurées, mais assignant des limites aux dessins satiriques.
Tout cela donne l’occasion à Caroline Fourest de défendre des positions fermes, voire intransigeantes, mais aussi de régler quelques comptes au passage.
Elle rappelle que le dessin satirique n’est pas une incitation à la haine comme peuvent l’être des graffitis injurieux ou des profanations de monuments symboliques. Il faut réfléchir sur l’intention et le contexte.
Caroline Fourest se pose aussi cette question incontournable : D’où vient l’appétit pour le djihad :
« il fournit un sens et de l’adrénaline aux frustrés rêvant de voyager, de tirer à la kalachnikov et d’avoir des esclaves sexuelles. L’explication patriarcale paraît en tout cas bien plus valable que l’explication sociale ou culturelle ... »
A mon avis ce livre aidera chacun à se former son opinion, bien que le sujet ne soit pas épuisé par beaucoup d’arguments.
Qui connaît les violentes critiques adressées aux religions par les écrivains du XVIII e siècle ( d’Holbach, le curé Meslier, Voltaire) verra à quel point on est en recul avec l’autocensure « à l’anglo-saxonne » qui dissuade d’aborder des sujets réputés tabous.
Rotko - Avrillé - 51 ans - 9 décembre 2015 |