Peaux de soie
de Diane Vincent

critiqué par Libris québécis, le 27 février 2015
(Montréal - 82 ans)


La note:  étoiles
Les Vertus de la soie
Avec son roman Soie, Alessandro Baricco a réussi à nous intéresser au commerce de la soie né de l’élevage du bombyx. La Chine a tracé la voie suivie par la Thaïlande, pays où nous emmène l’auteure afin de nous renseigner sur la problématique qu’engendre la commercialisation de cette fibre légendaire, fibre d’autant plus rémunératrice si l’on parvient à exploiter des cocons nains dont on peut tirer un produit plus luisant.

Diane Vincent exploite ce filon en l’amalgamant aux vautours qui, toutes griffes dehors, guettent la manne des sériciculteurs afin de profiter eux aussi des avantages de ce lucratif commerce. Et grâce à la technologie, on s’attend aussi à bénéficier des développements de la science des magnaniers qui permet de raffiner davantage la texture de la soie. Les armées sont particulièrement intéressées par une application qui favoriserait la fabrication d’un article qui rendrait invisible l’uniforme des militaires. Que de magouilles derrière les entreprises pour s’accaparer d’un bien aussi prodigieux !

Si les fourbes tiennent le haut du pavé dans ce domaine, il ne faut pas oublier pour autant les pervers qui lorgnent du côté des enfants travaillant dans les ateliers. Grâce à leurs petits doigts, ces derniers sont recherchés afin d’extraire des cocons les précieux filaments. C’est l’occasion rêvée pour les pédophiles bien argentés d’opérer des rapts qui les rapprochent de leurs victimes sans avoir à se déplacer jusqu’en Asie, voire la Thaïlande et la Birmanie.

Un tel contexte se prête facilement à la criminalité. Cette possibilité a sauté aux yeux de l’auteure. Elle a concocté un polar qui conduit aux meurtres d’un couple de Montréal relié au monde de la mode. Le mari est un designer qui se sert d’une soie à nulle autre pareille afin d’habiller ses mannequins pour les défilés.

Le roman est le fruit d’une recette éprouvée qui fait valoir une massothérapeute et une Thaïlandaise, deux femmes aucunement reliées à un corps policier. De fil en aiguille, leurs enquêtes personnelles conduisent à l’assassin à travers une narration qui se concentre sur ce qui s’est passé au lieu de montrer les protagonistes du crime en action. Les amateurs du genre sauront l’apprécier. Les autres jugeront peut-être la trame trop bavarde au détriment du profil psychologique des personnages. Quoi qu’il en soit, c’est un polar instructif susceptible de meubler richement les moments de lecture.