Ma belle pitoune en or
de Francine Allard

critiqué par Libris québécis, le 5 octobre 2003
(Montréal - 82 ans)


La note:  étoiles
Obésité et Infidélité
Francine Allard a l'art de traiter un sujet grave avec un ton qui sait dédramatiser les situations les plus corsées. Cette fois-ci, elle aborde l'infidélité d'un médecin de Jolliette, qui trompe sa femme obèse avec la soeur de cette dernière. On voit tout de suite le drame à l'horizon. On peut penser à la séparation ipso facto. Mais non. La situation, qui n'est pas déjà rose, se double en plus de l'implication involontaire du mari dans une sale affaire de cam parce qu'il a prescrit des psychotropes à une belle patiente, qui s'en servira à toute autre fin que celle prévue.
L'auteure mène avec brio les deux volets de son roman : cette infidélité et les démêlés du médecin avec le monde des «pushers». Elle s'est fait une spécialité du roman à multiples facettes. Dans celui-ci, elle ratisse large. Ce peut être un roman familial, un roman sur le couple, un roman sur les soins de santé, un roman sur le trafic des stupéfiants, un roman policier, un roman sur l'obésité. Elle passe en revue tout ce qui peut meubler une vie. Francine Allard le fait brillamment sans mêler les cartes.
Malgré les problèmes auxquels sont acculés les personnages, on lit ce roman avec le sourire aux lèvres. La femme obèse du médecin a un sens de la dérision qui lui permet de ne pas sombrer dans la dépression. C'est plutôt le mari qui connaîtra les affres du gouffre dans lequel il s'est glissé. Ce n'est pas un vilain diable. Disons que c'est un faible. Que fera sa femme? Il y a une chance que vous n'approuviez pas sa décision. L'écriture est pétillante et joyeuse. Un vrai petit délice d'humour, caractéristique qui franchit par contre le moins bien les frontières de la culture.