Les mystères de la cinquième République tome 2 : Octobre noir
de Philippe Richelle (Scénario), François Ravard (Dessin)

critiqué par JulesRomans, le 1 août 2014
(Nantes - 66 ans)


La note:  étoiles
Un coup de billard à trois bandes qui fait deux fois mouche
L’histoire retient que le 20 octobre 1961 est la journée où les femmes algériennes descendent dans les rues pour protester contre les violences policières du 17 octobre face à la manifestation du FLN couvertes sinon encouragées par Maurice Papon).

« - Le FLN prétend qu’ils étaient 80 000… Mon cul ! S’ils étaient 30 000, c’est beaucoup ! … On a coffré 11 000. Joli ratio, Non ?
- Ils ont trimbalé 11 000 types dans des paniers à salade ? »

Cette fiction démarre en ce même 20 octobre par la découverte d’un cadavre d’un commerçant algérien Mohamed Mansouri. Le commissaire Verne, qui a grandi en Algérie, connaissait ce dernier. Quelques jours plus tard c’est un militant du FLN qui est retrouvé assassiné, toujours à Paris.

Le récit pointe fort bien les problèmes de rivalité sanglante entre le FLN et les autres mouvements pour l’indépendance de l’Algérie. En se donnant les moyens, contre l’avis de sa hiérarchie, de retrouver l’assassin de Mohamed Mansouri, le commissaire Verne va déclencher un engrenage qui débouchera sur le second meurtre comme on le comprendra tardivement.

Paris arpenté par divers personnages est très bien dessiné, quelques vignettes décrivent de façon fort évocatrice un quartier populaire et un autre plus huppé d’Alger dans les années trente. La mise en page se renouvelle et le caractère des personnages est bien rendu par le graphisme.