Aâma, Tome 3 : Le désert des miroirs
de Frederik Peeters

critiqué par Blue Boy, le 5 avril 2014
(Saint-Denis - - ans)


La note:  étoiles
Une quête aux confins de l’imagination
Verloc Nim et son frère Conrad partent en expédition pour récupérer la mystérieuse substance aâma, qui a complètement modifié l'environnement de la planète Ona(ji). Alors que le petit groupe progresse dans un univers aussi hostile que stupéfiant, la vérité sur la nature d'aâma reste inaccessible. Et la réalité a tendance à vaciller...

Ce troisième volet répond à mes attentes à la perfection, après la fin littéralement scotchante du second. Frederik Peeters nous emmène toujours plus loin dans ses délires visuels insensés, fruit d’une imagination débridée qui semble ne connaître aucune limite, à la manière d’un jeu de poupées russes sous ecstasy. Servie par une mise en couleur travaillée et un scénario bien construit, cette quête psychédélique ne semble destinée qu’à nous faire perdre nos repères et fait des protagonistes de simples marionnettes ballottées au gré des événements, menacées en permanence par un environnement artificiel, tel un organisme géant en mutation permanente où règnent folie, terreur et mort. Toute tentative de briser le secret d’Aâma paraît ainsi vouée à l’échec devant les périls sans cesse renouvelés.

Le prochain épisode livrera-t-il les clés du mystère ? Quoiqu’il en soit, il est clair qu’on a envie d’en savoir un peu plus sur les intentions de l’auteur. Va-t-il nous égarer encore davantage ou nous apporter des réponses ? La seconde option paraît moins que probable quand on connaît un peu le bonhomme et sa production habituelle…

Cette BD unique en son genre, mélange d’aventure et de science-fiction aux accents très « psy », pose donc beaucoup de questions et appartient de par sa créativité aux œuvres supportant aisément plusieurs lectures, tant en nombre qu’en grilles… A l’heure où les apprentis sorciers de la Silicon Valley se prennent pour des démiurges et rêvent d’inventer une nouvelle humanité guidée par la technoscience, Peeters prouve avec cette série son talent de visionnaire, nous montrant que la science peut être autant source d’émerveillement que d’effroi, avec cette question en toile de fond : quel sera le seuil de progrès à partir duquel nous perdrons définitivement notre humanité, celle qui fait de nous des êtres en proie au doute, avec leurs faiblesses et leur imperfections ?
Déception 4 étoiles

Depuis que j’ai découvert Lupus, j’apprécie énormément le travail de Frederik Peeters et avec Aâma, le plaisir était renouvelé. Après un début très réussi, j’étais impatient de lire la suite des aventures de Verloc Nim mais malheureusement, ce troisième album m’a laissé sur le bord de la route avec une histoire qui part dans un délire que je n’ai pas compris et qui m’a complètement laissé indifférent. J’ai même terminé Le désert des miroirs en me forçant un peu et on peut dire que c’est une grosse déception. Peeters a tout simplement pris une direction qui ne me parle pas et je suis le premier à le regretter. Cela n’enlève rien à la qualité de cette BD et au talent de l’auteur mais cette fois, cela n’a pas fonctionné pour moi.

Kabuto - Craponne - 62 ans - 7 avril 2015