Les papinachois et les ours
de Michel Noël, Joanne Ouellet (Dessin)

critiqué par JulesRomans, le 13 février 2014
(Nantes - 66 ans)


La note:  étoiles
La petite fille qui a vu l'ours qui a vu la petite fille et son chien
Voilà la suite fort souhaitée des aventures des Papinachois, une tribu d'indiens du Québec. Cette aventure est en fait un prolongement de "Les Papinachois et les bleuets", on avait découvert là que les ours aussi bien que les indiens sont friands de petits fruits appelés "bleuets" qui ressemblent beaucoup à des myrtilles. Quoique le titre "Les Papinachois et les ours" puisse être lu de façon autonome, si on a l'ensemble de la série on aura intérêt à lire successivement "Les Papinachois" puis "Les Papinachois et les bleuets" avant de se plonger dans Les Papinachois et les ours".

Le récit est bien construit car il annonce un danger possible, passe à une phase d'occupations tranquilles, montre comment progressivement

« Eskéo s'enfonce dans la forêt. Elle marche à pas de loup, les mains jointes, remplies de bleuets »

C'est par une onomatopée "CRAC" que le lecteur devine, avant l'héroïne, le danger qui la guette. On peut inviter les enfants à discuter autour du recul de la mère ours. Se fait-il vraiment parce qu'elle a peur, comme le dit le narrateur ? Ou alors face à une petite fille et un chien de taille modeste, n'a-t-elle pas compris qu'il n'y a aucune raison de craindre une attaque et que par contre décider de les effrayer ou de les combattre c'est perdre des yeux ses petits qui pourraient alors devoir courir des dangers véritables. Par ailleurs le côté légèrement vantard et fort démonstratif, avec lequel Eskéo conte son aventure plaira bien aux enfants.

Cet aspect orgueilleux est porté presque exclusivement par l'illustration et il est toujours utile de faire varier les cas où l'illustration est complémentaire du texte avec ceux où elle colle entièrement au contenu de l'écrit. Le graphisme est fort plaisant, les couleurs chaudes y dominent et le danger arrive par une couleur froide.

Ici contrairement à d'autres albums l'apport autour de la culture spécifique des Papinachois est limité. Cela n'en diminue pas l'esthétique globale du récit mais doit être signalé car les prescripteurs ne désireront pas obligatoirement acheter tous les albums de la série.

Toutefois l'expression signifiant "merci beaucoup" est donnée et explicitée dans une page de lexique, d'autres mots d'un vocabulaire un peu relevé mais jamais trop comme "fuser" ou d'un usage plus spécifique au français du Canada comme "la talle" pour un ensemble de plantes de la même espèce réunis sur un espace réduit sont présents. Ces derniers donnent en effet une belle couleur au récit, l'auteur sachant les limiter toujours dans cette série à un maximum de 12.