Source cachée. Oeuvres spirituelles.
de Edith Stein

critiqué par Saule, le 9 août 2020
(Bruxelles - 56 ans)


La note:  étoiles
Les braises du feu
Edith Stein était une philosophe, juive convertie au christianisme qui fut déportée en 1942 et mourut dans un camp. Ce livre contient certains des textes écrits le plus souvent à la demande ou pour une occasion spéciale du couvent dans lequel elle était. Ce sont des textes d'une grande clarté, parfois très inspirants.

Il y a d'abord une présentation de Edith Stein, sa vie et sa spiritualité, une présentation remarquable par sa clarté, concision et pertinence. La vie d'Edith Stein est présentée en quelques pages, ainsi que le choix des textes qui constituent cet ouvrage.

Le premier de ces texte est celui que j'ai trouvé le plus intéressant. Edith Stein relie la prière de l'église à la prière intérieure et fait le lien avec l'action extérieure. C'est un texte court, écrit par une femme d'une intelligence exceptionnelle et d'une double appartenance juive et catholique. Elle "vit" la prière. Ce texte se lit et se relit, comme une méditation. "Par Lui, avec Lui et en Lui" : ainsi commence la partie sur la prière de l'église et Edith Stein explique le sens de ses paroles, ainsi que du Sanctus qui vient plus tard. Pour quelqu'un comme moi qui entend à la messe "Par Lui, avec Lui et en Lui" d'une oreille distraite, sans prêter une attention particulière, ça agit un peu comme un révélateur. En même temps je trouve un peu triste de voir comment - pour un pratiquant lambda comme moi - la liturgie est affaiblie. Une personnalité comme Edith Stein vivait la liturgie totalement, avec son intelligence et sa foi, et c'est inspirant de s'en rendre compte. D'autres aspects de la liturgie, dont elle explique le sens, auront bien plus de valeur pour le lecteur une fois ce texte lu. Par exemple elle explique pourquoi le prêtre et les fidèles doivent se purifier dans la première partie de la liturgie par des actes de contritions. Elle fait le lien avec la tradition juive. Ca reste mystérieux mais elle sait s'exprimer avec une grande clarté et concision.

Edith Stein a écrit plusieurs textes sur des grandes figures spirituelles (vu ses capacités exceptionnelles elle était souvent sollicitée). Elle dit qu'une personne qui a eu une vie intérieure très intense reste "vivante" en quelque sorte, un peu comme les braises d'un feu, l'esprit souffle toujours. Nous pouvons toujours retourner à cette source. C'est ce beau dogme de la communion des Saint qu'elle explique bien mieux que je ne pourrais le faire. Il y a donc la présentation de quelques figures marquantes (Sainte Thérèse d'Avila notamment), des petits textes très édifiants. Voila pourquoi, en cette fête de Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix (Edith Stein), je me devais de faire cette critique sur ce livre que j'ai relu récemment. J'aime penser que la prière de cette femme agit toujours à travers le temps, elle qui avait une pensée si puissante et - j'imagine - une capacité de prière exceptionnelle.