Les chats de Copenhague
de James Joyce, Charles Dantzig (Traduction)

critiqué par Blue Boy, le 5 janvier 2014
(Saint-Denis - - ans)


La note:  étoiles
Un peu léger
En 1934, séjournant au Danemark, James Joyce écrit un poème à son petit-fils de quatre ans. « Imagine un chat restant au lit toute la journée à fumer des cigares ».

« Les Chat de Copenhague » est en fait un poème inédit de l’écrivain irlandais datant de 1936, publié posthumément en 2012 et en série limitée par un petit éditeur irlandais (entre 300 € et 1200 € l’unité). L’ouvrage a été illustré par le dessinateur américain Casey Sorrow. Le publier en version française aurait pu être une bonne idée. Le faire dans cette version insipide ne l’est pas vraiment. Et ce n’est pas parce que le poème est signé de James Joyce qu’il est exceptionnel. Certes, les illustrations sont bien faites, mais elles sont en noir et blanc et tout de même assez sommaires. Le travail sur les polices de caractère (une police adapté à chaque mot) ne fait guère illusion. Il n’y a donc pas de quoi en faire une œuvre inoubliable. L’éditeur, qui n’a pas peur des mots, précise en quatrième de couverture : « Savourez ce véritable petit manuel d’anarchie à l’usage des enfants. » Je ne vois pas trop en quoi, si ce n’est qu’à un moment, l’auteur écrit que quand il reviendra à Copenhague, il apportera un chat et montrera aux Danois « comment il peut traverser la rue sans qu’aucun policier lui donne d’instructions. »

Tout cela est donc selon moi un peu tiré par les moustaches du matou. L'ouvrage me semble un peu court pour susciter tant d’extase. Tout au plus, c’est enfantin et amusant. L’intérêt aurait été que Grasset en fasse une édition limitée comme l’éditeur irlandais, au mieux une édition un peu plus soignée. Dans le cas présent, c’est juste anecdotique et ressemble davantage à une opération guidée par l’instinct « Fat cat ».