La Belgique de Magritte
de Michel Carly

critiqué par VLEROY, le 21 décembre 2013
( - 45 ans)


La note:  étoiles
Sur les traces du peintre belge René Magritte
Grâce à cet ouvrage bien documenté et joliment illustré, nous suivons les traces du peintre belge René Magritte. Tout commence dans la province du Hainaut : il naît à Lessines en 1898, mais ses parents reviennent en 1900 à Gilly auprès de la famille maternelle. Leur implantation en 1904 dans un quartier bourgeois de Châtelet symbolise la réussite du père de René dans les affaires (bureau d'assurances et représentant commercial notamment). Son enfance n'est pas heureuse et l'atmosphère familiale est pesante entre une mère dépressive et un père absent et hautain. A Châtelet, René joue avec les enfants du quartier, prend ses premiers cours de dessin et se passionne pour Fantômas. En 1912, sa mère se suicide en se jetant dans la Sambre. Son père dilapide ensuite ses avoirs en spéculations et en jouant aux courses.

En 1916, René s'installe dans la capitale et entame ses études à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, notamment auprès du peintre Constant Montald et de l'écrivain Georges Eekhoud. Il épouse Georgette Berger (fille d'un boucher de Marcinelle) en 1922 civilement à la commune de Saint-Josse et religieusement à l'église Sainte-Marie. Leur union sera heureuse.

A Bruxelles, on retrouve René au café "A l'enseigne de la fleur en papier doré" (non loin de l'Académie des Beaux-Arts) et à "Le Cirio", une brasserie Art Nouveau où se déroulent les réunions du groupe surréaliste de Bruxelles dans la seconde moitié des années 20. C'est là qu'il rencontre un de ses meilleurs amis : le poète Jean Scutenaire, natif d'Ollignies (près de Lessines). En 1928, René peint plus de 100 toiles et expose ses œuvres à la galerie L'Epoque à Bruxelles. L'année suivante, il séjourne à Cadaqués (Espagne) chez Salvador Dali.

René expose, pour la première fois, au palais des Beaux-Arts de Bruxelles en 1931. En 1939, il dessine, pour le Comité de Vigilance des Intellectuels Antifascistes, une affiche intitulée "Le vrai visage de Rex", qui représente Degrelle et Hitler. Dans les années 40, son style change ; il adopte une palette et une technique impressionnistes. Les expositions se multiplient : Paris, Bruxelles, New York, Rome, Venise, Dallas, Londres, etc. Il réalise 8 toiles pour la décoration du casino de Knokke, et une peinture murale pour le palais des Congrès de Bruxelles et le palais des Beaux-Arts de Charleroi.

Sur le plan privé, les époux Magritte mènent une vie simple et déménagent plusieurs fois : à la rue Esseghem à Jette de 1930 à 1954 (la période la plus créatrice du peintre), au boulevard Lambermont à Schaerbeek de 1954 à 1957, et enfin dans le quartier cossu de la rue des Mimosas à Schaerbeek de 1957 à son décès en 1967. Ils sont inhumés au cimetière de Schaerbeek.