Les maîtres de l'orge tome 2 : Margrit, 1886
de Jean Van Hamme (Scénario), Francis Vallès (Dessin)

critiqué par Bluewitch, le 8 mai 2003
(Charleroi - 45 ans)


La note:  étoiles
Ambition et sacrifices
Bien des années se sont écoulées depuis que Charles Steenfort a épousé Elise De Ruiter, fille du riche brasseur dont il a hérité l’entreprise. Ne lui ayant pas donné d'enfant, c'est le neveu de Charles, Noël, qui le seconde dans sa gestion de la brasserie De Ruiter et de sa « spéciale Dorp ».
Envoyé à Munich pour s’instruire de nouvelles techniques de fermentation, Noël revient à Dorp avec les secrets d'une « lager » qui fera pétiller d'ambition les yeux de Charles, déterminé à inaugurer une nouvelle sorte de bière en Belgique, et cela, contre l’avis de son épouse. Mais Noël n’a pas ramené que de nouveaux procédés, il a aussi dans ses bagages Margrit, son épouse allemande, qui montre une ressemblance frappante avec Adrienne, la femme que Charles a toujours aimée et a délaissée au profit de son avidité.
Mais le mouvement socialiste prend racine et lorsque les ouvriers de la brasserie se révoltent face au salaire insuffisant octroyé par Charles, celui-ci détruit de son plein gré la brasserie et se retrouve à la rue, rejeté par Elise la mal-aimée. Ses pas le mèneront vers la maison qu'il partagea avec Adrienne et Franz Texel, là où tout avait commencé pour lui. Margrit le rejoindra bien vite, séduite par son tempérament fort et sa détermination. Ensemble, ils auront un fils, Adrien, recréeront une brasserie digne de ce nom ainsi que la « Steenfort », cette bière à l’emblème de la tour carrée…
Ce deuxième tome brasse (sans jeu de mot) des personnages forts et résolus, prêts à tout braver pour l'amour de l’orge. Le scénario est construit de manière telle qu’il permet de mettre en vie des années d’une histoire fascinante sans perdre le fil conducteur ni souffrir de blancs malheureux. Les dessins sont tout aussi superbes que dans le premier épisode. L’ensemble est vraiment une réussite. Quel plaisir !