L'enfant chinois
de Guy Parent

critiqué par Libris québécis, le 23 avril 2003
(Montréal - 82 ans)


La note:  étoiles
L'Adoption d'un enfant chinois
L'Enfant chinois de Guy Parent a pour cadre le quartier où se regroupent ses compatriotes de Montréal. Imprégné de féérie, de sérénité et de dignité, ce roman examine les problèmes de l'exil grâce à un jeune étudiant - narrateur anonyme du récit - à l'emploi de la Ville de Montréal afin de recueillir diverses données à des fins d'évaluations foncières. Il circule donc à pied dans le quartier chinois, sonnant de porte en porte. Or, voilà qu'au coin d'une rue, cet étudiant s'arrête, perplexe, devant un édifice qu’il croit abandonné, puis observe les lettres qui ornent la devanture de ce bâtiment: «CH. . .NG». L’énigme entourant cette lettre manquante le fera voyager dans un monde plus fascinant encore, celui du propriétaire, M. Chang, qui est nul autre que l'enfant chinois du titre. À l'heure de la mode de l'adoption internationale, cette oeuvre offre une réflexion pertinente, d'autant plus que l'auteur est le père adoptif d'un petit Mandarin.
Grâce aux six lettres laissées par ce Chang, que le narrateur aura reçues de l'occupant de l'édifice, il découvrira avec parcimonie le parcours tumultueux qui l'a amené au Québec à l'âge de trois mois. Cet exil obligé le remet constamment en question. Mal à l'aise dans ce nouveau pays, il se sent seul et abandonné dans la jungle montréalaise, où il est victime des cruautés amères de l'intolérance et du rejet des différences. Malgré qu'il fut adopté par de bons parents, il n'en reste pas moins qu'il doit se frotter à une population pas aussi ouverte que l'on pense. Quoiqu'il devienne un cuisinier renommé dans un restaurant du quartier chinois, sa solitude reste totale. Même propriétaire de son établissement, il ne peut s'empêcher de douter de son identité malgré sa réussite sociale dans un monde qui lui oppose une hostilité larvée. Ce questionnement sans réponses sera suffisant pour l'inciter à partir sans poste restante.
Ce destin d'enfant adopté nous interroge. Est-il québécois ou chinois? Le choix de son métier ne laisse pas de doutes. C'est sa manière de renouer avec ce qu'il est profondément. On est de ses gènes comme l'eau est aux poissons. Si on pousse la réflexion, il n'est pas étonnant qu'elle débouche sur un départ vers un monde où on peut s'assumer davantage. L'auteur saisit bien la dynamique qui anime l'exilé bridé. L'adaptation est plus diffcile quand le physique est enregistré comme élément de curiosité dans le meilleur des cas. Guy Parent analyse cet univers en laissant aux lecteurs le soin de tirer ses conclusions. Il le fait de façon originale par le chevauchement du questionnement d'un employé municipal et d'un exilé involontaire. À l'évitement de l'ennui de la linéarité, il faut ajouter la sensibilité de l'écriture, qui nous plonge dans un bain qui suscite tous nos sens. Les odeurs, les couleurs, les bruits, le goût à cause des recettes glissées dans l'oeuvre contribuent à créer une atmosphère de mystères à l'orientale. Bref, c'est une oeuvre qui satisfait brillamment aux besoins de notre imaginaire.
L'enfant chinois 5 étoiles

Je vient tout juste de finir ce livre mais j'Ai un peu de mal a comprendre la fin quand le narrateur s'en va poursuivre le vieil homme et finalement je comprend plus rien.

Aidez-moi quelqu'un a comprendre

Araya - - 44 ans - 20 juillet 2005