Cela faisait plusieurs mois que je cherchais à lire des ouvrages traitant de psychologie positive après avoir apprécié Pourquoi les gens heureux vivent-ils plus longtemps de Jordi QUOIDBACH. Je tombais à la bibliothèque sur des livres de pensée positive plutôt que de psychologie positive ; leur contenu était peu scientifique, les auteurs s’appuyant essentiellement sur des témoignages. Cet ouvrage, troisième tome d’une trilogie mais qui se lit bien aussi en première intention, constitue je pense une bonne initiation à ce jeune courant de la psychologie.
L’auteur, Thierry JANSSEN, chirurgien et psychothérapeute, définit ainsi la psychologie positive : « l’étude scientifique des conditions et des processus qui contribuent au fonctionnement optimal des individus, des groupes et des institutions ». Précisons tout de suite une nuance importante et très bien soulignée : l’enjeu de cette science est plutôt de découvrir et mettre en place les conditions permettant à chacun d’être heureux plutôt que de chercher à rendre heureux tout le monde.
Il s’agit donc pour Thierry Janssen de présenter les différents travaux parus ces dernières années sur ce sujet, en n’oubliant pas de rappeler les pensées des philosophes des siècles passés, qui ont réfléchi de manière spéculative sur les notions de bonheur, de bien-être.
Il est intéressant de se pencher sur les déterminants du bonheur dans la mesure où on peut agir dessus pour aspirer à être plus heureux ; c’est ce que prouvent les travaux récents. Selon l’auteur, qui s’appuie donc sur la littérature scientifique, 50% de notre bonheur individuel dépend de nos gènes, 10% de facteurs extérieurs, et 40% de notre investissement personnel. Cette façon de quantifier en terme de pourcentage les composantes du bonheur me semble très simplificatrice voire en contradiction totale avec la conception actuelle de la génétique (voir Stephen JAY-GOULD, La mal-mesure de l’homme), mais elle illustre cependant la possibilité que nous avons d’influer sur notre bonheur.
Pour être heureux, on peut tendre vers le plaisir immédiat et intense, vers l'état plus constant de bonheur et de sérénité ou encore vers des expériences sensorielles très fortes, qualifiées de « flux », qui ont fait bien écho chez moi. Les philosophes qualifiés de « pré-socratiques » parlaient respectivement d’hédonisme et d’eudémonisme pour ces deux premières tendances. Selon l’auteur, les sociétés dites « industrielles », soumises aux lois du marché, succombent à un hédonisme matérialiste sans trop se poser de question, qui est néfaste pour le bonheur durable.
Différentes qualités (des « forces et vertus », telles que l’humilité, la spiritualité, l’ouverture d’esprit, la curiosité, la créativité…) sont décrites, et des corrélations sont établies entre le fait de les posséder et le niveau de bien-être. Des outils plus ou moins validés scientifiquement (ce n’est pas clairement mentionné) nous sont présentés, et particulièrement le questionnaire VIA-IS qui permet de découvrir notre « caractère », nos « forces et vertus », afin de potentiellement travailler dessus et aspirer à plus de bonheur.
Cet ouvrage se lit très facilement. Il aborde énormément de notions et travaux, et n’est pas très synthétique, ce qui fait que l’on n’en retient pas grand-chose. L’auteur se contente de présenter brièvement les études (ce qui est déjà pas mal !), mais ne les analyse pas, souligne peu leurs limites. D’un autre côté il est un peu utopiste d’espérer savoir tout de la psychologie positive et des avancées actuelles de la discipline en lisant un simple livre ! C’est donc je pense un ouvrage à recommander aux personnes qui ont envie de découvrir ce courant de la psychologie.
Elya - Savoie - 35 ans - 7 février 2014 |