J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne
de Jean-Luc Lagarce

critiqué par Anonyme12, le 22 juillet 2013
( - 14 ans)


La note:  étoiles
Réflexion sur la filiation
Qui connaît Jean-Luc Lagarce ? Auteur de pièces de théâtre, de roman, d'opéra, né en 1957, mort du Sida en 1995. Inclassable, novateur au beau style.
C'est par ailleurs un auteur que j'ai découvert grâce à une interview de Fanny Ardant ( et oui ) qu'elle accordait à la TV brésilienne.

La pièce est originale si l'on n'est pas dérouté par l'écriture obsessionnelle, qui donne l'impression d'une spirale déroulée autour des personnages ( dépressifs s'abstenir).
L'histoire: cinq femmes qui attendent... au chevet de leur frère et fils mourant. Prétexte à des méditations et une réflexion sur la filiation où l'important est que chacune occupe sa place et tire sa propre vérité.
Il y a des combats que l'on mène les "poings levés":

" les phrases définitives toujours, un peu ridicules et qui me mettent pourtant,
je ne le comprends pas,
et qui me mettent pourtant,
je ne le comprends pas,
et qui me mettent pourtant, à mon tour- comment est-ce que tu as dit ? - au bord des larmes,
lorsque le père le chasse, le poing levé, je crois l'avoir vu, le poing levé, est-ce que j'imagine ? [...] " ( LA PLUS JEUNE- p.32)
[....]

" Il n'avait que faire de nous, je dis cela,
vous avez peur de l'entendre,
nous ne comptions pas pour lui et c'est un grand crime de nous l'avoir ignorées tout ce temps, c'est être coupable. Et mourir, s'il meurt, et mourir, ne lui donne pas le pardon". ( LA SECONDE- p.41).

Auteur contemporain qui nous ouvre les portes d'une République... souterraine. A découvrir mais demande un effort de compréhension.