Laisser courir, tome 1
de Philip Roth

critiqué par CC.RIDER, le 13 novembre 2012
( - 66 ans)


La note:  étoiles
Chronique universitaire
Le jeune Gabe Wallach, fils d'un riche dentiste new-yorkais, après des études sans problèmes, trouve une place de professeur d'anglais à l'Université de Chicago. Il a fait la connaissance de Paul Herz, un jeune et mélancolique collègue plutôt fauché qui se veut romancier et de Libby, sa jeune épouse envoûtante et capricieuse. Libby a abandonné ses études. Elle travaille pour le doyen, se retrouve enceinte et semble pas très heureuse dans son couple. Gabe lui sert de confident et peut-être plus si affinités. Il y a également Martha Reganhart, une divorcée au grand coeur, à l'esprit pratique et au franc parler qui n'est pas indifférente à Gabe. Comment ce pauvre garçon pourra-t-il concilier vie facile et un peu égoïste, aide à son prochain et amours contrariées ?
Ce roman du grand Philip Roth n'a pas grand chose à voir avec ses principaux titres (« Portnoy et son complexe », « Le grand roman américain » ou « Zuckerman délivré ») publiés ultérieurement. Pour un roman d'apprentissage, il est relativement achevé. Le style est affirmé quoiqu'un peu lourd et répétitif, les dialogues vivants, mais le fond et l'intrigue déconcertent un peu. Le lecteur découvre une sorte de chronique universitaire basée sur la description de saynètes de la vie de tous les jours de quelques personnages de profs plus ou moins sympathiques. A cela s'ajoute une construction non linéaire et non chronologique dans laquelle s'accumulent les points de vue et les angles d'attaque différents. Le « je » ne correspond pas toujours au même personnage, ce qui ne simplifie pas une lecture un tantinet laborieuse et, au bout du compte, pas spécialement passionnante. En conclusion, pas le meilleur de Roth et de loin...