Monsieur Jean, tome 5 : Comme s'il en pleuvait
de Charles Berbérian (Scénario et dessin), Philippe Dupuy (Scénario et dessin), Isabelle Busschaert (Couleurs)

critiqué par Jean Loup, le 12 novembre 2002
(Vaulx en Velin - 49 ans)


La note:  étoiles
Papa trentenaire
Monsieur Jean, c'est un peu comme un de nos bons copains de lycée : on n'a pas très souvent de ses nouvelles, mais c'est avec un grand plaisir qu'on se penche sur les évolutions de sa vie - qui font parfois curieusement écho à notre propre existence. "Ah bon, tu vis aux Etats-Unis maintenant ? Ah oui je comprends, tu as suivi ta compagne là-bas. Ca se passe bien avec elle, alors ? Comment ça, on peut le dire ? ... Non ??!! C'est pas vrai ? Tu es papa d'une petite Julie ? Toi, le célibataire endurci, tu es papa ?? Et c'est comment, la paternité ? " Virage dans l'existence de Monsieur Jean avec l'apparition de ce petit bout de chou. Virage, mais continuité, car si notre héros a mûri, il n'a pas véritablement changé. Et puis on retrouve Marion, Clément et l'ineffable Félix. Ce dernier a d'ailleurs un rôle un peu différent dans cet album, qui semble décidément sonner le glas des éternels étudiants, et ramène les trentenaires à la dure réalité des nombreuses responsabilités qui pèsent sur les épaules de ceux qui s'acceptent comme adultes.
Le ton de l'album est moins léger que les précédents, même s'il y a encore quelques-unes de ces trouvailles cocasses auxquelles Dupuy et Berbérian nous ont habitués. Mais cette évolution n'ôte rien à la qualité de cette série très attachante, sans doute appelée à conquérir un public de plus en plus vaste. Il est encore temps de rejoindre le peloton...
le meilleur !! 10 étoiles

Une très très grande série, et ce tome est mon préféré.
Dupuy et Berberian ont un sens exceptionnel de la mise en scène, et leurs personnages sont de plus en plus profonds et complexes. On s'attache terriblement à leurs petits défauts, à leur humanité. Les histoires sont à la fois drôles, graves et pertinentes. La dernière planche me donne des frissons chaque fois que je la relis...
Il n'est plus nécessaire de tenter d'expliquer que la bd n'est pas un genre mineur ni un truc uniquement réservé aux enfants. Monsieur Jean, c'est du grand art!!!

Valadon - Paris - 41 ans - 15 août 2010