La Kallocaïne
de Karin Boye

critiqué par Isad, le 11 août 2012
( - - ans)


La note:  étoiles
Jusqu’où peut mener le « trop d’État »
Un monde en guerre contre un ennemi non nommé, qui vit sous terre et où les enfants sont éduqués en camps, un monde où l’on doit faire son service policier le soir en plus de son travail et où on circule avec un permis pour aller d’un quartier à un autre, un monde égalitaire où chacun occupe un logement en fonction du nombre de personnes, un monde où l’oreille et l’œil de la police sont dans toutes les pièces, voilà le contexte de l’histoire.

Le récit est raconté par un chimiste, Léo Kall qui invente une substance obligeant celui qui l’ingère à exprimer les pensées non conformes qu’il tait d’habitude. Les autorités vont bien sûr s’en emparer car, si les prisons seront pleines, cela diminuera d’autant les salaires à verser aux travailleurs.

Il relate des faits et prône la propagande officielle, ce qui rend le récit glaçant. Parfois, quand il se prend à avoir des sentiments comme l’amour qu’il ressent pour sa femme tout en pensant qu’elle pourrait le dénoncer s’il n’est pas assez patriotique, il s’en étonne tout en s’en défendant, ce qui montre son degré d’endoctrinement.

Un classique du genre à mettre à côté de « 1984 », « Le meilleur des mondes » ou « Nous autres », à lire et à relire pour comprendre jusqu’à quel degré d’absence de liberté individuelle peut mener le fait de se reposer la fiction d’un gouvernement qui saurait mieux qu’eux, ce qui est bon pour le citoyen.

IF-0812-3926