Isabel Allende a écrit «La maison aux esprits» en 1982, puis «Fille du destin» presque vingt ans plus tard. Avec «Portrait sépia», elle fait le pont entre les deux en mettant en scène à la fois les descendants de l’un et les ancêtres de l’autre. Toutefois, on risque d’être déçu en entamant ce livre dans l’espoir de retrouver Eliza Sommers et Tao Chi’ien, car bien qu’ils soient présents au début du roman, Isabel s’est surtout penchée sur la branche de la famille Del Valle, tel que Prozac l’a mentionné plus haut. Par ailleurs, bien qu’il débute en Californie, c’est surtout sur une partie de l’histoire du Chili que se base essentiellement ce roman. Cette fois, on assiste à la guerre du Pacifique qui opposa le Chili à la Bolivie et au Pérou vers la fin du XIXe siècle et à la révolution démocratique qui eut lieu quelques années plus tard.
Pour ce roman, Isabel Allende délaisse les grandes aventures pour composer une histoire qui se veut plutôt une belle saga familiale et qui rappelle les premiers chapitres de «Fille du destin». N’étant pas particulièrement fanatique de romans d’aventures, je l’ai donc préféré à ce dernier. Par ailleurs, Isabel n’a pas son pareil pour créer des personnages vivants et attachants, ainsi que des histoires accrocheuses qu’on a peine à délaisser. J’ai donc réellement adoré ce roman et c’est avec regret que je l’ai terminé il y a quelque temps. En effet, on a beau être curieux de connaître la fin, on ne veut pas la lire trop vite !
Finalement, bien qu’il ne soit pas impossible d’embarquer dans l’histoire sans avoir lu auparavant «Fille du destin», je pense qu’il est plus agréable de se plonger dans le livre en connaissant déjà une partie des personnages leurs histoires personnelles. Je suis d’ailleurs convaincue que je n’aurais pas pris autant de plaisir à découvrir les nouveaux personnages si je n’avais pas connu leurs ancêtres ! «La maison aux esprits», quant à elle, peut se lire de façon tout à fait indépendante puisque l’auteure l’a écrit en premier sans savoir qu’elle rédigerait un jour des volets antérieurs. Mais attention, «Portrait sépia» peut vous donner envie de la relire, à tout le moins le début, juste pour confirmer que tout concorde parfaitement et qu’Isabel Allende a mené le tout de main de maître.
Gabri - - 38 ans - 1 juillet 2007 |