Le gitan. Histoire de fou
de José Giovanni

critiqué par Noir de Polars, le 14 avril 2012
(PARIS - 56 ans)


La note:  étoiles
Trajectoires parallèles
Cinquième roman de José Giovanni, publié en 1959, « Histoire de fou » a été renommé « Le gitan » après la sortie au cinéma du film éponyme en 1975.

Le premier titre convenait infiniment mieux à la trame du roman mettant en scène Pierrot dit « Le fou » à titre principal, alors que Jacques, dit « Le gitan » ne sert que de faire-valoir.

Trois personnages centraux dans ce roman:

- Pierrot le fou, qui fait honneur à son blaze en adoptant un code malfrat strict. A auparavant été affublé par le mitan des blazes "Pierrot la voiture" lorsqu'il dirigeait un gang versé dans le vol et le relookage des bagnoles puis "Pierrot le docteur" à cause d'une petite trousse noire qu'il emportait dans ses déplacements. Trousse qui contenait, non pas un stéthoscope, mais de l'artillerie semi-lourde.

- Yan, le perceur de coffres, rangé et propriétaire de bars, mais aussi, et malheureusement pour lui, amoureux de sa compagne.

- Le commissaire Blot, le chasseur de malfrats cher à Giovanni.

Le livre est construit sur la rencontre fatale, inopinée, impromptue au sens littéral, de Pierrot et de Yan, deux as dont les chemins étaient à l'évidence parallèles, mais qui n'avaient rien pour se rencontrer. Seul, le hasard....

Autant le dire, ce livre sent presque la commande, et le grand José Giovanni aurait pu se dispenser de l’écrire. Ce n’est pas que c’est laborieux, mais c’est assez plat et, ô horreur, plutôt vide. Bref, c’est raté, et l’émotion ne vient jamais.

Sur le plan littéraire, c’est assez affligeant : sujet, verbe, complément, et on recommence. Les descriptions sont réduites à un strict minimum, les caractères à peine ébauchés. On ne parvient à s’attacher à aucun personnage, à part peut-être –un peu- celui de Yan.

Un livre raté, réhabilité plus tard par un grand film. Ca arrive parfois, ce genre de truc… A la réflexion, je me demande tout de même comment l'auteur génial du "Deuxième souffle" a pu, un an seulement après la sortie de ce très très grand polar, se résoudre à publier ce roman de gare pâlichon et creux.