Contes
de Jacques Ferron

critiqué par Montréalaise, le 16 février 2012
( - 31 ans)


La note:  étoiles
Mythologie et psychanalyse par la fantaisie
Les « Contes » (1968) de Jacques Ferron, regroupant les « Contes du Pays incertain », les « Contes anglais » ainsi que quelques contes inédits, ne doivent pas être explorées sans que le lecteur en ait déchiffré le sens symbolique.

En effet, cet auteur québécois, ayant vécu pendant la Grande Noirceur et la Révolution Tranquille, est connu pour son style ironique et son écriture caractéristique du réalisme magique qui peuple cette oeuvre truculente. Médecin ayant décidé de vivre à Saint-Hubert, l'un des quartiers les plus miséreux de la région montréalaise, Jacques Ferron semble aussi maîtriser des connaissances en mythologie antique et biblique et en psychanalyse freudienne, très présentes dans les nombreux contes, longues ou courtes, et qui parlent du Québec de l'époque.

De « Retour à Val-d'Or » à « Martine », en passant par « Le paysagiste » et « La vache morte du canyon », Ferron y aborde des sujets tels la critique de la tradition, le rôle de la femme et l'individu canadien-français en monde anglophone. Qu'elles soient fantaisistes, drôles, magiques ou politiques, les « Contes » révèlent toutes le génie d'un auteur cynique envers la société québécoise et les gens qui y habitent.

Il est conseillé après la lecture d'un conte de l'analyser dans une perspective symbolique afin de pleinement l'apprécier. Un lecteur non averti ne sera pas comblé, surtout s'il ne possède pas de connaissances minimales en mythologie et en psychanalyse. Même si ça peut prendre beaucoup de temps, cela en vaut réellement la peine. Pour ma part, j'ai été confuse lors de ma première lecture de cette oeuvre, donc une relecture est fortement recommandée.